Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

28 mars 2012

Qui a tué César (3) : L'assassinat de Jules César

 

L’ASSASSINAT DE JULES CÉSAR

 

Remontons dans le temps pour arriver à ce fameux jour des Ides de Mars 44 où César se rend au Sénat… pour la dernière fois.

Ce texte de Suétone constitue un témoignage crucial sur le déroulement de l’assassinat de César et vous devrez en tirer, en répondant aux questions qui suivent le texte, toutes les circonstances du meurtre.

 

Assidentem conspirati specie officii circumsteterunt,

ilicoque Cimber Tillius, qui primas partes susceperat, quasi aliquid rogaturus propius accessit renuentique et gestu[m] in aliud tempus differenti ab utroqueumero togam adprehendit.

Deinde clamantem: « ista quidem vis est! » alter e Cascis aversum vulnerat pauluminfra jugulum.

Caesar Cascae brachium arreptum graphio trajecit conatusque prosilire alio vulneretardatus est.

Utque animadvertit undique se strictis pugionibus peti, toga caput obvoluit, simul sinistra manu sinum ad ima crura deduxit, quo honestius caderet etiam inferiore corporis parte velata.

Atque ita tribus et viginti plagis confossus est uno modo ad primum ictum gemitu sine voce edito, etsi tradiderunt quidam Marco Bruto irruentidixisse: « kai su teknon ».

Exanimis diffugientibus cunctis aliquamdiu jacuit, donec lecticae impositum, dependente brachio, tres servoli domum rettulerunt.

Nec in tot vulneribus, ut Antistius medicus existimabat, letale ullum repertum est, nisi quod secundo loco in pectore acceperat.

 

Suétone, Vies des douze Césars, Livre I, LXXXII

 

Lisez le texte et répondez aux questions suivantes.

 

1- Qui est le premier conjuré à agir ? Quel rôle joue-t-il ?

2- Qui porte le premier coup à César ? Où le blesse-t-il ?

3- Quelles sont les réactions successives de César ?

4- Combien de coups reçoit-il finalement ?

5- Quels sont les derniers mots de César ?

6- Que font les conjurés après l’assassinat ?

7- Qu’advient-il de César ?

 

VOCABULAIRE L’ASSASSINAT DE CÉSAR

 

 

 

Caesar, aris, m.: César

 

Casca, ae, m. / Casca

 

Cimber, bri, m.: Cimber

 

ab, prép. : + abl. : par

 

accedo, is, ere, cessi, cessum : s'approcher de

 

adprehendo, is, ere, di, sum : saisir

 

aliquamdiu, inv. : assez longtemps

 

alter, era, erum : l'autre (de deux)

 

animadverto, is, ere, ti, sum : constater

 

assideo, es, ere, assedi, assessum : s'asseoir

 

aversus, a, um : retourné

 

brachium, ii, n.: bras

 

circumsto, as, are, steti, - : se tenir autour, être autour

 

confodio, is, ere, fodi, fossum : percer de coups (confossus : pf part pass)

 

conspiratus, i, m. : le conjuré

 

cunctus, ae, a : tous ensemble

 

diffugio, is, ere : s'enfuir en tous sens

 

donec, conj. : jusqu'à ce que

 

etsi, conj. : même si

 

exanimis, e : sans vie

 

graphium, i, n. : le poinçon (pour écrire sur la cire)

 

iaceo, es, ere, cui, citurus : être étendu

 

ilico, adv. : aussitôt

 

impono, is, ere, sui, situm : placer sur, assigner, imposer

 

infra, prép. : + acc. : au-dessous de

 

irruo, rui, ere : se précipiter, se jeter contre

 

iugulum, i, n. : la gorge

 

lectica, ae, f. : la civière

 

obvolvo, is, ere, volui, volutum : couvrir

 

paulum, adv. : un peu

 

peto, is, ere, iui, itum : attaquer

 

plaga, ae, f. : coup

 

propius, adv., comparatif de pope : plus près

 

pugio, ionis, f. : le poignard

 

refero, fers, ferre, tuli, latum : rapporter

 

servolus, i, m. : le petit esclave

 

stringo, is, ere, strinxi, strictum : tirer, dégainer

 

tardo, as, are : ralentir

 

toga, ae, f. : toge

 

trado, is, ere, didi, ditum : transmettre

 

trajicio, is, ere, jeci, jectum : transpercer

 

umerus, i, m. : l'épaule

 

undique, adv. : de toutes parts, de tous côtés

 

uterque, utraque, utrumque : chacun des deux

 

vulnero, as, are : blesser

 

 

 

 

 

L’ASSASSINAT DE JULES CÉSAR

 

 

 

Tandis qu’il s’asseyait, les conjurés l’entourèrent, sous prétexte de lui rendre hommage, et tout de suite Tillius Cimber (1), qui s’était chargé du premier rôle, s’approcha davantage, comme pour lui demander une faveur (2) ; mais César faisant un signe de refus et le renvoyant à un autre moment, Tillius saisit sa toge aux deux épaules ; alors, comme César s’écriait : « Cette fois, c’est de la

 

 

L’ASSASSINAT DE JULES CÉSAR

 

 

 

Tandis qu’il s’asseyait, les conjurés l’entourèrent, sous prétexte de lui rendre hommage, et tout de suite Tillius Cimber (1), qui s’était chargé du premier rôle, s’approcha davantage, comme pour lui demander une faveur (2) ; mais César faisant un signe de refus et le renvoyant à un autre moment, Tillius saisit sa toge aux deux épaules ; alors, comme César s’écriait : « Cette fois, c’est de la violence ! » l’un des deux Casca (3) le blesse par derrière, un peu au-dessous de la gorge. César, lui ayant saisi le bras, le transperça de son poinçon, et essaya de s’élancer en avant, mais il fut arrêté par une autre blessure. S’apercevant alors que de toutes parts on l’attaquait, il enroula sa toge autour de sa tête, tandis que de sa main gauche il en faisait glisser les plis jusqu’au bas de ses jambes, pour tomber avec plus de décence, le corps voilé jusqu’en bas. Il fut ainsi percé de vingt-trois blessures, n’ayant poussé qu’un gémissement au premier coup, sans une parole ; pourtant, d’après certains, il aurait dit à Marcus Brutus qui se précipitait sur lui : « Toi aussi, mon fils ! » (4) Tous s’enfuyant en désordre, assez longtemps il resta sur le sol, privé de vie, puis on le déposa sur une civière, un bras pendant, et trois simples esclaves le rapportèrent chez lui. Or, parmi tant de blessures, d’après le médecin Antistius, il ne s’en trouva pas de mortelle, excepté celle qu’il avait reçue à la poitrine, en second lieu.

 

 

 

Traduction de Henri Ailloud, ed. Folio

 

 

 

(1) Probablement préteur en 45, désigné comme gouverneur de la province de Pont-Bithynie pour 44, il rejoint son poste immédiatemnt après les Ides de mars. Sénèque, dans son De la colère, III, 30, 4-5 écrit : « Le divin Jules a été massacré par plus d'amis que d'ennemis, n'ayant pas rassasié leurs espoirs insatiables… C'est pourquoi il vit, l'épée nue autour de son siège, ses compagnons d'armes, Tillius Cimber, le plus ardent défenseur jusque-là de son parti… » (trad. A. Bourgery).

 

(2) Plutarque (César, 66, 5) précise que Tillius intervenait en faveur de son frère, exilé, dont il voulait obtenir le rappel.

 

(3) P. Servilius Casca, tribun de la plèbe en 43, qui doit sa carrière à César.

 

(4) Une rumeur voulait que Brutus soit le fils de César et de Servilia, rumeur non fondée, Brutus étant trop âgé (né en 85). C’est un jeune intellectuel tourmenté : il s’était déjà engagé dans le camp de Pompée, mais César, ancien amant de sa mère, lui avait pardonné et le comblait de faveurs (il figurait au second rang, après Octave, dans son testament.) 

05:57 Écrit par Vega dans Latin 3ème | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook | | |  Imprimer |

Commentaires

Bonjour,
Comme vous n'avez pas fait de notes, sur le jeu grammaticale, j'ai fais 100 %..... en 11 fois :'(

Écrit par : Louis Ravon | 11 avril 2012

Ben non, Louis, je n'ai pas fait de note puisqu'il fallait écrire le résultat sur le cahier ;-)
Mais tu as bien travaillé, dis donc !

Écrit par : Vega | 11 avril 2012

Qu'advient il du corps de Cesar ?

Écrit par : Brutus | 16 novembre 2013

Les commentaires sont fermés.