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25 juin 2014

Les représentations des monstres dans l'Odyssée : Polyphème

Dans cet article, c'est de Polyphème le Cyclope que nous parlerons.

Ulysse a abordé l'île des Cyclopes, mais ces bergers géants sont faussement hospitaliers : ils enferment Ulysse et ses compagnons dans leur grotte et Polyphème, fils de Poséidon, en dévore deux chaque jour. Ulysse invente une ruse pour se tirer de ce mauvais pas.

"…je lui reversai du vin de feu ; trois fois je l’en servis, et trois fois l’imprudent le but. Puis, quand le vin lui eut embrumé les esprits,

je lui soufflai ces mots aussi doux que du miel : Cyclope, tu t’enquiers de mon illustre nom. Eh bien, je répondrai : mais tu n’oublieras pas le don promis ! 
Je m’appelle Personne, et Personne est le nom que mes parents et tous mes autres Compagnons me donnent."
A ces mots, aussitôt, il repartit d’un cœur cruel "Eh bien, je mangerai Personne le dernier et les autres d’abord. Voilà le don que je te fais!" Alors, tête en arrière, il tomba sur le dos ; puis sa grosse nuque fléchit, le souverain dompteur, le sommeil, le gagna ; de sa gorge du vin jaillit et des morceaux de chair humaine ; il rotait, lourd de vin.
J’enfouis alors le pieu sous l’abondante cendre pour le chauffer ; j’encourageai de mes propos mes compagnons, afin qu’aucun, de peur, ne défaillît. Mais, quand bientôt le pieu d’olivier dans le feu rougeoyant, quoique vert, jeta une lueur terrible, m’approchant, je l’en retirai ; mes compagnons étaient autour de moi ; un dieu nous insufflait un grand courage. Eux, s’emparant du pieu d’olivier acéré, l’enfoncèrent dans l’œil ; moi, appuyant par en dessous, je tournai, comme on fore une poutre pour un bateau à la tarière, en bas les aides manient la courroie qu’ils tiennent aux deux bouts, cependant que la mèche tourne : ainsi, tenant dans l’œil le pieu affûté à la flamme, nous tournions, et le sang coulait autour du pieu brûlant. Partout sur la paupière et le sourcil grillait l’ardeur de la prunelle en feu ; et ses racines grésillaient. Comme quand le forgeron plonge une grande hache ou une doloire dans l’eau froide pour la tremper, le métal siffle, et là gît la force du fer, ainsi son œil sifflait sous l’action du pieu d’olivier. Il poussa un rugissement, la roche en retentit, nous nous enfuîmes apeurés ; alors, il arracha le pieu qu’un sang nombreux salissait de son œil, le jeta loin de lui de ses mains, affolé, et à grands cris héla les Cyclopes qui habitaient dans les grottes des alentours, sur les cimes venteuses.
En entendant ses cris, ils accoururent de partout et, demeurés dehors, lui demandèrent ses ennuis :
"Quel mal t’accable, Polyphème, pour que tu cries ainsi dans la céleste nuit, et nous empêches de dormir ? Serait-ce qu’on te tue par la ruse ou la force ?"
Du fond de l’antre, le grand Polyphème répondit : "Par ruse, et non par force, amis ! Mais qui me tue ? Personne !"

Homère, Odyssée, chant IX, 360-408. 
Traduction par Philippe Jaccottet.
La Découverte, 1982.

 

Ulysse et ses compagnons aveuglant Polyphème, Coupe laconienne attribuée au Peintre du Cavalier, Sparte, vers - 560-550 av. J.C-., BNF, Monnaies, Médailles et Antiques, De Ridder, 190

Odyssée-Polyphème-coupe.png

Cette coupe du VIe siècle, époque archaïque, présente la célèbre scène de l'aveuglement du Cyclope racontée par Homère dans l'Odyssée. On y voit 4 hommes debout, de profil, tenant sur l'épaule un long bâton qui atterrit dans l'œil d'un géant assis à droite. On y reconnaît les compagnons d'Ulysse et Ulysse lui-même, sur la gauche, le 4e, dans la position où le décrit Homère. Le premier compagnon donne du vin à boire au Cyclope pour l'enivrer ; en même temps, le Cyclope dévore des compagnons d'Ulysse, dont on voit deux jambes qui demeurent entre ses mains. Le grand poisson en bas de la coupe rappelle la présence de la mer et donc de Poséidon, dieu des mers, l'Ebranleur du Sol, dont Polyphème est le fils. Cette allusion  permet d'identifier les personnages. Cette représentation montre tous les détails de la scène en même temps, alors que dans le texte ces détails se succèdent chronologiquement : c'est une représentation synthétique, caractéristique de la façon de représenter les évènements dans l'époque archaïque.

Trois caractéristiques le désignent comme un monstrum : il est géant, il est anthropophage et il n'a qu'un œil rond au milieu du front (Oeil rond, c'est le sens du mot Cyclope en grec) : c'est donc un être a-normal, qui n'existe pas dans la nature. 

 

23 juin 2014

Une Odyssée théâtrale, Acte II.

Les Voyages d'Ulysse et leur signification :

épreuves pour le héros, épreuves pour les navigateurs.

L’Odyssée, Homère / exposition BNF

http://expositions.bnf.fr/homere/v/21/index.htm 

I – Un voyage mouvementé

Écoute le commentaire de la visite de l’exposition Homère et remets les escales et les épreuves d’Ulysse dans le bon ordre.

 

Les Sirènes - Les Kikones – Calypso- L’île d’Éole - Charybde et Scylla - Les Phéaciens - Les Lotophages - Les Lestrygons – Les Enfers – Le royaume d’Ulysse- Troie -  Les Cyclopes –le Cap Malée – Circé

 

Départ : Troie

2.     14. Arrivée : le Royaume d’Ulysse, Ithaque.

08:12 Écrit par Vega dans Français Sixième | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  Imprimer |

22 juin 2014

Clément Marot, l'interview

"Bonjour Clément Marot, merci d'avoir accepté notre interview. Comment vous définissez-vous ?

— Bonjour. Je me considère comme un poète, je suis d'ailleurs le poète officiel de François Ier. Sa sœur, Marguerite de Navarre, est ma protectrice. J'appartiens à l'Ecole de rhétoriqueurs. J'ai fait de la prison pour mes opinions religieuses - on m'a accusé d'être proche de Luther et Calvin - et j'ai même dû m'exiler de France.

— François Ier vous aimait beaucoup ?

— Il aimait mon esprit, ce qu'à présent vous nommez " humour "et ma façon d'être - incorrigible - et surtout ce que j'écrivais : des épîtres, des élégies : Mon épitre de Marot envoyée au Roy m'a permis de sortir de prison.

— Vous n'écrivez qu'à vos amis ?

— Oh non ! J'écris aussi pour me défendre de l'injustice, pour demander de l'aide, pour remercier d'en avoir reçu… ou pour déclarer mon amour. J'ai un esprit vif, mais j'ai bon cœur. Vous connaissez sûrement mes vers :

« J’avais, un jour, un valet de Gascogne,

Gourmand, ivrogne et assuré menteur,

Pipeur, larron, jureur, blasphémateur,

Sentant la hart de cent pas à la ronde,

Au demeurant, le meilleur fils du monde. »


23:35 Écrit par Vega dans Français Sixième | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  Imprimer |

19 juin 2014

Charles d'Orléans, l'interview

" Charles d'Orléans, bonjour, et merci d'avoir accepté notre interview. Qui êtes-vous ?

—Bonjour, je suis un prince, le duc d'Orléans et un poète. Mon oncle est le roi de France Charles VI. Je suis né à la fin du XIVe siècle en 1394 et mort en 1465.

 — Nous savons que vous êtes poète ; quand avez-vous composé vos œuvres ?

— Je l'ai fait essentiellement lorsque j'étais prisonnier politique durant la guerre de Cent ans qui a opposé notre royaume aux Plantagenêts, pendant près de 25 ans. Prisonnier, mais pas en prison.

— C'est une étrange occupation ; d'où vous vient-elle ?

— Etrange mais salvatrice ! Ce goût pour la poésie me vient de ma mère, Valentine Visconti, fille du duc de Milan. Elle m'a donnée une éducation très cultivée, car elle aimait les arts et les lettres.

—Combien de poèmes avez-vous composé ?

—En plus de 22 ans, le nombre se monte à presque  un millier ! Une bonne centaine de chansons, plus de 120 ballades, 7 complaintes et 400 rondeaux.

— Rondeaux ? qu'est-ce que c'est ?

— Très simple : un poème  à forme fixe, 3 strophes,  13 vers, parfois 12 - en général quintil-tercet-quintil dont  deux vers qui servent de refrain, cela fait 13, et seulement deux rimes pour tous ces vers. Tenez, en voici un exemple :

 

Le temps a laissé son manteau.
De vent, de froidure et de pluie,
Et s’est vêtu de broderie,
De soleil luisant, clair et beau.

 

Il n’y a bête, ni oiseau
Qu’en son jargon ne chante ou crie :
Le temps a laissé son manteau.

 

Rivière, fontaine et ruisseau
Portent en livrée jolie,
Gouttes d’argent d’orfèvrerie,
Chacun s’habille de nouveau :
Le temps a laissé son manteau.

 

charlesd-orleans.jpg

21:40 Écrit par Vega dans Français 5ème | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  Imprimer |

17 juin 2014

Une Odyssée théâtrale, acte I.

Une Odyssée théâtrale. Adaptation Véronique GUILLAUME, d'après Homère.

Acte I.

(La scène se passe à Colone, petite bourgade près d'Athènes, près d'un bois d'oliviers. Il fait chaud.)

Scène 1. HOMERE et DEMODOKOS

 (Homère entre, s'avance à petits pas. Il sera toujours accompagné d'un jeune garçon, Demodokos. Il s'assoit sur un tronc, époussète ses vêtements et tend la main. Demodokos lui tend quelques olives.)

HOMERE - Je suis l'aède. Je suis aveugle. (Il mange.) Les dieux m'ont enlevé la vue, mais j'ai reçu en échange un bien plus précieux. (Le garçon s'installe, mange avec lui, range la besace.Je ne vois pas le monde des hommes, mais je lis dans leur cœur, dans leur âme. Je peux les émouvoir, les charmer, les terrifier. Je vis dans le séjour des Muses. Ce soir je chanterai Ulysse qui veut rentrer chez lui. 

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Scène 2. LA FOULE, HOMERE, DEMODOKOS puis ULYSSE, CALYPSO

(Soir)

(La foule s'impatiente. Bruits. Entrent Homère et Demodokos)

HOMERE  - Chante-moi, Muse, cet homme aux mille ruses qui erra si longtemps, après qu'il eut renversé la citadelle sacrée de Troie. Et il vit les cités de peuples nombreux, et il connut leur esprit ; et, dans son coeur, il endura beaucoup de maux, sur la mer, pour sa propre vie et le retour de ses compagnons Mais il ne les sauva point, malgré son désir ; et ils périrent par leur impiété, les insensés ! ayant mangé les boeufs de Hélios  Et ce dernier leur ravit l'heure du retour. Dis-moi une partie de ces choses, Déesse, fille de Zeus. Tous ceux qui avaient évité la noire mort, échappés de la guerre et de la mer, étaient rentrés dans leurs demeures ; mais Ulysse restait seul, loin de son pays et de sa femme, et la vénérable Nymphe Calypso, la très noble déesse, le retenait dans ses grottes creuses, le désirant pour mari. Et quand le temps vint, après le déroulement des années, où les Dieux voulurent qu'il revît sa demeure en Ithaque, même alors il devait subir des combats au milieu des siens. Et tous les Dieux le prenaient en pitié, excepté Poséidon, qui était toujours irrité contre le divin Ulysse, jusqu'à ce qu'il fût rentré dans son pays. (…) 

 

Scène 3.   ZEUS, ATHENA, APOLLON, APHRODITE, HERA, POSEIDON, entrant

 

ZEUS - Ah ! Que les hommes sont insensés ! Ils disent que leurs malheurs viennent de nous, et pourtant ils se débrouillent bien tout seuls pour être malheureux. Voyez Oreste, le fils d'Agamemnon, qui vient d'assassiner Egisthe, l'amant de sa mère. Quoi de plus normal ! Egisthe avait tué Agamemnon, le propre père d'Oreste, lui volant ainsi et sa femme et son trône. Nous l'avions bien prévenu pourtant de ne pas agir ainsi. Peine perdue !

ATHENA - Oui, père Zeus, fils de Cronos, tu as bien parlé. Mais mon coeur est dévoré de chagrins en pensant au valeureux Ulysse, à cet infortuné, qui depuis longtemps, loin de ses amis, souffre d’amères douleurs dans une île lointaine, située au milieu de la mer ; c’est dans cette île, couverte de forêts, qu’habite une déesse, la fille du prudent Atlas, qui connaît tous les abîmes de la mer, et qui soutient les hautes colonnes appuis de la terre et des cieux. Oui, sa fille retient ce héros malheureux et gémissant, elle le flatte sans cesse par de douces et de trompeuses paroles, pour lui faire oublier Ithaque ; mais Ulysse, dont l’unique désir est de revoir la fumée s’élever de la terre natale, voudrait mourir. Ton coeur ne se laissera-t-il point fléchir, roi de l’Olympe ? quoi donc ! Ulysse près des vaisseaux argiens, et dans les vastes champs d’Ilion, a-t-il jamais négligé tes sacrifices ? Pourquoi donc es-tu maintenant si fort irrité contre lui, grand Zeus ? 

ZEUS - (étonné) Ma fille, quelle parole s'est échappée de l'enclos de tes dents ? Comment pourrais-je oublier le divin Ulysse, le subtil Ulysse, le rusé Ulysse ? C'est Poseidon, mon frère,  qui lui en veut ! Oublies-tu qu'il a aveuglé son fils chéri, le cyclope Polyphème ? Il est si en colère qu'il ne veut même pas le tuer, mais le faire souffrir, en ébranlant le sol, en provoquant les tempêtes qui éloignent chaque jour un peu plus Ulysse de son pays ! L'errance, voilà à quoi Poséidon a condamné ton protégé.

ATHENA - O Père, le plus haut des Rois ! S'il te plaît, laisse repartir Ulysse chez lui. Envoie Hermès dans l'île d'Ogygiè où réside Calypso qui tient Ulysse captif depuis sept ans qu'elle l'aime. Ordonne-lui de le laisser repartir. Et moi , pendant ce temps, j'irai à Ithaque, je parlerai à son fils Télémaque, je le pousserai à partir à Sparte et dans la Pylos des Sables chercher des nouvelles de son père. (Zeus sourit et acquiesce. Ils sortent.)

 

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Scène 4. Dans l'île d'Ogygiè, chez Calypso. HERMÈS, ULYSSE, CALYPSO.

HERMES - Zeus l'a ordonné, Calypso,  : tu dois te soumettre toi aussi aux ordres du roi des dieux.

CALYPSO  (pleurant) - Mais je l'aime ! Et notre enfant, y songes-tu ?

HERMES - Calypso, ne le retiens pas de force ! Il ne peut plus regagner la terre de sa patrie. Apprends-lui à construire un radeau, et qu'il reprenne la mer.

Scène 5.  Sur la plage. CALYPSO, ULYSSE.

(Calypso et Ulysse se tiennent longtemps embrassés. Ulysse finit les derniers préparatifs de son radeau et s'en va.)

Scène 6. CALYPSO

CALYPSO  - (Elle est en transe.)  Tu t'engages pour un long voyage, mon bien-aimé ! Oh ! Horreur ! Poséidon l'Ebranler du sol déchaîne sur toi sa colère ! Je vois les vagues qui te submergent, et ton pauvre radeau englouti dans les flots. Mais tu vivras ! Tu survivras ! Tu aborderas les rivages de Phéacie, le corps tout abimé par la tempête ! La princesse Nausicaa t'accueillera et te mènera au palais de son père, le roi Alkinoos.

(Illustrations : Alice et Martin  PROVENSEN)odyssée,théâtre,ulysse,homère

15 juin 2014

Des divinités nouvelles à Rome : Isis et Mithra

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Statue d'Isis provenant de la villa Hadriana à Tivoli près de Rome,

IIe siècle de notre ère, marbre, Musée du Capitole, Rome. Clique sur l'image pour l'agrandir.

Isis est une divinité égyptienne à l'origine, dont le culte à mystères célèbre sa capacité à redonner la vie après la mort, comme elle l'a fait pour son frère et époux Osiris.

1 - Quels sont les 3 détails  caractéristiques de la sculpture romaine dans cette statue ?

2 - A quels détails (il y en a 3)  reconnaît-on immanquablement Isis ? Pour t'aider à les identifier sur l'image, lis cet extrait de l'article que lui consacrent en 1877  Daremberg et Saglio dans leur dictionnaire (article complet sur le site Méditerranées à cette adresse : http://www.mediterranees.net/civilisation/religions/egypt... )

Ses images, il est vrai, se distinguent de toutes les autres à quelques signes certains. Comme indice de son origine, elle tient dans la main droite le sistre (sistrum), sorte de crécelle, dont le son accompagnait les cérémonies du culte égyptien ; à sa main gauche est suspendu un petit seau de forme arrondie, propre à contenir l'eau sacrée [cymbium, situla). Sur son front se dresse la fleur de lotus, emblème de résurrection. Comme les déesse-mères, elle porte une longue robe qui tombe jusqu'à ses pieds et ne laisse à découvert que les avant-bras ; son manteau, souvent garni de franges, est noué sur le devant de la poitrine, entre les deux seins ; ce noeud volumineux et très apparent est, de tous les attributs d'Isis, celui auquel on la reconnaît le plus sûrement. Sa chevelure retombe en boucles le long de son cou ; elle est la déesse euplokamos.

Son culte s'est propagé dans tout l'empire romain au point que des temples à Isis ont été construits un peu partout, notamment à Pompei. Le sanctuaire contenait l'eau sacrée du Nil. L'architecture est très différente des temples romains.

En comparant ces deux temples, le temple d'Isis et le temple d'Apollon à Pompei, note leurs différences  (taille, architecture, emplacement).

Tempio_di_Iside_1.jpg

Temple d'Isis à Pompei, fin du IIe siècle de notre ère. 

temple d'Apollon-Pompei.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Temple d'Apollon à Pompei, Ier siècle de notre ère. 

Arrive ensuite au IIe siècle le culte de Mithra, venu d'Orient : c'est un dieu indo-iranien. En védique, la langue ancienne de l'Inde, "mitra" signifie "ami", "contrat". Il protège la justice, veille à ce que le monde demeure en ordre, c'est le dieu de l'alliance et du serment. Lié à la lumière, il est aussi le protecteur des troupeaux et de ceux qui défendent leur territoire, donc des soldats, ce qui explique sans doute que son culte se soit  particulièrement implanté chez les soldats romains. A Rome, c'est un culte à mystères, comme celui d'Isis et surtout comme les cultes grecs d'Orphée.

Le premier exploit de Mithra, raconté par la légende, c'est de naître d'une paroi rocheuse, une torche et un glaive à la main. Il est là pour lutter contre le mal : la sécheresse, qui détruit toute vie. Il veille sur l'ordre du monde et procure l'eau aux troupeaux en faisant jaillir une source de la paroi rocheuse. Dans la suite de sa légende, le second exploit est lié à sa rencontre avec un taureau sauvage dans les montagnes. Il s'accroche à ses cornes et le monte, tombe, lui lie les pattes arrière, puis le charge sur ses épaules et commence avec lui un long voyage, le transitus. A la fin de ce transitus, Mithra sacrifie l'animal au Soleil, comme le lui a demandé un corbeau messager.  Son sacrifice redonnera la force vitale au monde. Ce qui s'écoule alors de l'animal c'est un sang comme du vin et des chairs comme du grain.  Un chien arrive, qui mange le blé, puis un scorpion qui lui pince les testicules et un serpent. Ces liquides symboliques -sang, vin, sperme-  sont des principes vitaux qui vont permettre la régénération du monde. Pour fêter cette victoire, un banquet est organisé auquel assistent le Soleil et Mithra devenu Sol Invictus. Invaincu et invincible, c'est Mithra qui monte au ciel sur le char solaire.

 

Sur cette représentation du sacrifice du taureau par Mithra (100 à 200 de notre ère, collection Borghèse, musée du Louvre-Lens), comment Mithra est-il vêtu ? Comment s'y prend-il pour sacrifier le taureau ? Quels autres animaux retrouves-tu dans ce bas-relief ?

Mithra_sacrifiant_le_Taureau-005.jpg

Dans l'extrait suivant  que vous avez à traduire  et qui complète le texte de la p. 144 du manuel,  Lucius, le narrateur  des Métamorphoses ou l'Ane d'or, raconte son histoire. C'est un homme très curieux qui, ayant assisté à la métamorphose d'une magicienne en oiseau, a été lui-même métamorphosé en âne. Initié aux mystères d'Isis après des aventures aussi variées que drôles, il reprendra forme humaine grâce à la déesse. Pour l'heure, il décrit le cortège qui accompagne Isis :

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Cérémonie d'un culte à Isis
fresque provenant d'Herculanum
Ier-IIIe siècle apr. J.-C, 80 cm x 85 cm
Musée Archeologique de Naples, photo Erich Lessing © [Texteimage.com]. Source : http://www.cndp.fr/archive-musagora/religion/religionfr/frescisis2.htm

Uidi et ursam mansuem quae cultu matronali sella uehebatur, et simiam pilleo textili crocotisque Phrygiis Catamiti pastoris specie aureum gestantem poculum. […] Inter has oblectationes ludicras popularium, quae passim uagabantur, jam sospitatricis deae peculiaris pompa moliebatur. […] Ferebatur ab alio cista secretorum capax penitus celans operta magnificae religionis.

Copiez ce texte dans le logiciel Collatinus et lemmatisez-le pour obtenir la liste de vocabulaire. Pour traduire, pensez à construire la syntaxe de la phrase : partez de chaque verbe et  cherchez son sujet et ses compléments, puis repérez les mots subordonnants (pronoms relatifs, conjonction de subordination)

Homère nous parle

Homere-bnf.jpg

 

Gravure d'après un original du IIe siècle av. J.-C.
H. Guill. Tischbein, Figures d'Homère dessinées d'après l'antique. Tome premier : Iliade. Metz, 1801.
BnF, Estampes et photographie, Ta 4, t. 1 p. 8

Homère, bonjour et merci d'avoir accepté notre interview. Qui êtes-vous ?

Χαίρε ! Je suis un poète grec, un aède pour être exact. Ma vie est une légende, je suis une légende. Certains vont même jusqu'à dire que je n'ai jamais existé ! 7 villes grecques, pas moins, revendiquent l'honneur de m'avoir vu naître, dans cette ancienne partie du monde que l'on nommait Asie mineure et qui aujourd'hui appartient à un pays que vous nommez Turquie. J'ai vécu au VIIIe siècle avant notre ère. On dit de moi que j'étais aveugle. En tant qu'aède, j'ai inventé et chanté L'Iliade et L'Odyssée, des histoires de combats, d'amour, de héros, de dieux et de voyages, qui appartenaient à notre tradition orale.

 

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Homère, 1812, Philippe-Laurent Roland, Musée du Louvre, Paris.

 

Un aède ? Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste ce métier ?

Je suis à la fois un conteur, un inventeur d'histoire, un compositeur, un musicien, un poète, un chanteur : je raconte des mythes et des légendes à mon auditoire, en m'accompagnant de mon instrument favori, la phormynx, qui est une sorte de lyre.

 

 

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Apothéose d'Homère, Jean-Dominique INGRES, 1827, Musée du Louvre, Paris.

Mais alors, pourquoi dit-on que vous êtes un poète ?

 Mais parce que mes deux oeuvres sont des poèmes ! Ce sont même des épopées. Tout est en vers, en grec, dans ma langue d'origine. Rendez-vous compte : 15 693 vers pour L'Iliade, 12 110 pour  L'Odyssée, et tout cela appris par cœur ! Un travail de titan ! Tenez, voici les deux premiers vers de mon Odyssée :

῎Ανδρα μοι ἔννεπε, Μοῦσα, πολύτροπον, ὅς μάλα πολλὰ

πλάγθη, ἐπεὶ Τροίης ἱερὸν πτολίεθρον ἔπερσε

Ce que je traduirais dans votre langue par :

Chante-moi ce héros, Muse, [cet homme] aux mille ruses, qui porta de toutes parts

Ses pas errants, après avoir détruit les remparts sacrés de Troie.

Comment avez-vous construit votre poème L'Odyssée ?

C'est une œuvre en 24 chants, que j'ai imaginée avec des retours en arrière. Dans la première partie, du chant I au chant IV, c'est moi qui prends la parole : je raconte comment Télémaque décide de partir d'Ithaque à la recherche de son père, Ulysse, disparu depuis dix ans, après qu'il a quitté Troie. Télémaque est un jeune homme, son père est parti alors qu'il était tout petit, il ne sait même pas à quoi il ressemble.

Ensuite, dans la deuxième partie, du chant V au chant VIII, je dépayse mon auditoire, je l'emmène auprès des dieux et de la nymphe Calypso. Les dieux demandent à Calypso de laisser partir Ulysse, qu'elle retient auprès d'elle depuis sept ans. C'est Hermès qui porte ce message à la nymphe. Ulysse prend donc la mer, construit un radeau - il n' a plus de bateau- mais il se heurte à une terrible tempête comme on en voit en Méditerranée, déchaînée par le dieu Poséidon. Ulysse fait naufrage et aborde dans un état épouvantable sur les rives du royaume des Phéaciens. La princesse Nausicaa le trouve sur la plage et, malgré son état, elle n'a pas peur et l'emmène auprès de son père le roi Alkinoos.

Dans ma troisième partie, du chant IX au chant XII,  Ulysse va lui-même, par ma bouche, raconter son histoire à Alkinoos , le roi des Phéaciens et à tous les membres du banquet. Ulysse revient donc des années en arrière, après son départ de Troie et narre comment il a dû affronter des épreuves et des êtres terribles : les Cicones, les Lotophages, les Cyclopes, le dieu des vents Eole, les Lestrygons, la magicienne Circé et ses sortilèges, le pays des morts, les Sirènes et leurs chants, Charybde et Skylla, la colère d'Hélios et enfin Calypso et son amour merveilleux mais possessif.

Dans ma dernière partie, du chant XIII au chant XXIV, je reprends la parole et je raconte-enfin- le retour d'Ulysse en son île d'Ithaque, la manière dont il se déguise en mendiant puis se fait reconnaître par les siens : son chien Argos, sa nourrice Euryclée et enfin sa femme, Pénélope, qui est aussi rusée que lui et qui lui donne bien du fil à retordre. Je raconte comment il se venge des prétendants qui convoitent son trône et sa femme et comment il retrouve enfin son épouse et son foyer.

Regardez le voyage qu'il a fait, en tout cas tel que nous nous représentions notre monde et la Méditerranée à notre époque :

 

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Si vous voulez en savoir davantage sur moi, je vous recommande d'aller voir la très belle exposition de la BNF : http://expositions.bnf.fr/homere/expo/salle1/index.htm

Il ya un gros plan sur moi, avec beaucoup d'images, d'informations et même des commentaires parlés : http://expositions.bnf.fr/homere/borne1.htm

Je sens que nous sommes appelés à nous revoir : alors, à bientôt ! Ὑγιαίνε !

14 juin 2014

Les douze travaux d'Hercule, en vases grecs et en anglais

Salve,

Au cours de mes recherches pour l'abécédaire, j'ai découvert sur la base Perseus une suite de reproductions de vases grecs qui racontent les douze travaux d'Hercule , avec de nombreux détails dans le texte anglais. Ainsi,  le lecteur apprend que les pommes d'or du jardin des Hespérides avaient été offertes par Héra à Zeus, en cadeau de mariage ; on imagine donc facilement que la déesse jalouse du nouveau fils de son mari n'allait pas le laisser la déposséder de ses propres offrandes.

Le texte et un détail d'un vase à figures rouges sont ici : http://www.perseus.tufts.edu/Herakles/apples.html

Mais commençons par le début : 

le lion de Némée : http://www.perseus.tufts.edu/Herakles/lion.html

L'hydre de Lerne (qu'Eurysthée n'a pas voulu valider) : http://www.perseus.tufts.edu/Herakles/hydra.html

La biche de Cérynie : http://www.perseus.tufts.edu/Herakles/hind.html

Le sanglier d'Erymanthe : http://www.perseus.tufts.edu/Herakles/boar.html

les Ecuries d'Augias (là non plus, Eurysthée n'a pas voulu le valider, prétextant qu'Hercule s'était fait aider) : http://www.perseus.tufts.edu/Herakles/stables.html

Les Oiseaux du lac Stymphale : http://www.perseus.tufts.edu/Herakles/birds.html

Le taureau de Crète : http://www.perseus.tufts.edu/Herakles/bull.html

Les Juments de Diomède : http://www.perseus.tufts.edu/Herakles/horses.html

La ceinture d'Hippolyte (la reine des amazones) : http://www.perseus.tufts.edu/Herakles/amazon.html

Le troupeau de Géryon : http://www.perseus.tufts.edu/Herakles/cattle.html

Les Pommes d'or des Hespérides : http://www.perseus.tufts.edu/Herakles/apples.html

Le chien Cerbère : http://www.perseus.tufts.edu/Herakles/cerberus.html

01 juin 2014

Tout est prêt pour que démarre la semaine Comenius

Demain commence une semaine de travail et de rencontres qui se prépare depuis plus d'un an. Je viens de mettre la dernière main à l'édition d'un e-book, travail de synthèse de tous les travaux des 8 pays pour ce meeting. C'est un catalogue virtuel d'une agence de voyages d'un nouveau genre : au lieu de proposer des voyages dans un pays, elle vous propose des voyages en couleurs qui vous feront parcourir une bonne partie de l'Europe. Alors, aimeriez-vous un voyage en bleu comme l'eau de la mer, des lacs et des rivières ? ou en gris pour découvrir les pierres, les châteaux et les dolmens ? Bonne lecture !

21:06 Écrit par Vega dans Comenius | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  Imprimer |