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18 novembre 2014

A la découverte de la villa de Poppée à Oplontis

     La Villa de l'impératrice Poppée, femme de l'empereur Néron, a été construite au milieu du premier siècle de notre ère et se trouve actuellement dans la ville de Torre Annunziata, au sud du Vésuve, près de la mer, entre le Vésuve et Pompéi. Elle est située dans une rue en pente, près d'une zone militaire qui ne sera jamais l'objet de fouilles. On accède donc au site archéologique par un large escalier qui nous mène directement au jardin de la villa et à l'arrière de la domus.

Voici les photos du jardin actuel, planté de grenadiers comme il devait l'être autrefois d'après les recherches des paléobotanistes :  (toutes photos : ©Véronique Guillaume)

 

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La grenade est l'un des attributs de Junon, épouse de Jupiter. On retrouvera ce fruit peint à fresque dans de nombreuses pièces de la maison.

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Nous voici dans le péristyle de la maison, qui donne sur un minuscule espace vert, petit jardin comme un patio, entouré de colonnes,

 

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qui donne visuellement sur l'atrium immense. On reconnaît au centre le bassin carré de l'impluvium qui accueillait les eaux de pluie et offrait un coin de fraîcheur à la pièce.

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La photo ci-dessus et les deux photos ci-dessous montrent des fresques typiques du IIe style. On y retrouve les couleurs très vives, particulièrement marquées dans cette dodus bien que presque 2000 ans aient passé depuis sa construction,  ainsi que le trompe-l'œil très présent dans  la façon dont les matières sont rendues. Bien que le mur soit peint à fresque, il donne l'impression d'être recouvert de plusieurs plaques de marbre coloré et varié en mosaïque.image.jpg

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 Désolée, la photo est de travers ! Nous sommes arrivés dans le caldarium, pièce chaude des bains de la maison. Il était très rare que les maisons romaines possédassent une salle de bains, encore moins des thermes privés comme ici : on y voit  la marque de la richesse et du statut social de la maîtresse de maison, mais aussi le début d'une évolution dans les mentalités qui commence à voir apparaître les thermes privés et les salles de bains individuelles. Ce luxe n'est pas du goût des philosophes de l'époque, comme Sénèque, qui vante dans une lettre à son ami Lucilius la sobriété de la salle de bains campagnarde de Scipion, le grand vainqueur de Carthage (voir le texte latin et sa traduction). Dans ce caldarium, on vient pour avoir chaud et transpirer, sous le regard d'Hercule, dans le décor du jardin des Hespérides. On reconnaît facilement le demi-dieu à la présence de la massue dans sa main gauche et de la peau du lion de Némée qui lui couvre le dos.

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 Que raconte cette fresque ? Hercule, le héros fils d'Alcmène et de Jupiter se trouve devant un arbre magnifique, au feuillage léger, comme on en trouve dans le bassin méditerranéen. Il est venu chercher les pommes d'or sur l'ordre de son cousin le roi Eurysthée. C'est une épreuve supplémentaire que lui donne le roi de Mycènes car, parmi les dix autres travaux déjà effectués, Hercule s'est fait aider deux fois, donc huit de ses travaux seulement sont "validés". Eurysthée charge  Hercule de dérober les pommes d'or de ce mystérieux jardin, situé très loin au-delà des terres habitées par les Grecs, aux confins du monde connu, dans une région qu'aucun mortel n'a fréquentée. Hercule part d'abord vers le nord de la Grèce et après un chemin semé de nouvelles épreuves et de héros à aider ou de monstres à affronter, il en vient à délivrer Prométhée qui lui conseille d'aller de l'autre côté de la péninsule ibérique pour rencontrer le géant Atlas. En effet, c'est Atlas qui pourra l'aider à cueillir les pommes, car le jardin est gardé par le serpent Ladon, une forme de dragon qu'Héra a offert aux Hespérides, les filles de l'Occident, pour protéger les pommes de leur jardin. Mais Atlas porte le monde sur ses épaules, et c'est un lourd fardeau qu'il ne peut pas emporter au jardin : il demande donc à Hercule de le remplacer - momentanément, dit-il. Hercule accepte en toute confiance, et Atlas, tout heureux, savoure sa liberté. Il demande tout de même d'abord à Hercule de tuer le serpent effrayant puis cueille les pommes, comme promis,  mais envisage de les rapporter lui-même à Eurysthée. Hercule, qui a bien compris qu'Atlas n'a pas du tout l'intention de récupérer son fardeau, utilise une ruse : il demande à Atlas de reprendre quelques instants sa place, le temps pour Hercule de chercher un coussin pour soulager sa nuque. Mais le héros n'a pas du tout l'intention de faire le travail d'Atlas, et le géant berné s'aperçoit bien vite qu'il est de nouveau obligé, pour toujours, de porter le monde sur ses épaules. 

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Voici enfin les pommes tant convoitées : elles sont représentées par des grenades, qui, tout comme le paon, sont des références à  la déesse Junon. 

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Ci-dessus, nous entrons dans la cuisine dont il reste les fourneaux. On chauffait au bois

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