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19 novembre 2014

Arria Marcella : Visite illustrée de Pompei avec Théophile Gautier

Dans la nouvelle de Théophile Gautier  Arria Marcella, qui se déroule à Pompéi au XIXe siècle, le héros Octavien visite Pompéi avec ses amis : en voici l'illustration en photos qui te permettra de voir ce qu'imaginait Gautier en écrivant.

"Il regardait d’un œil effaré ces ornières de char creusées dans le pavage cyclopéen des rues et qui paraissent dater d’hier tant l’empreinte en est fraîche ;photo 4.JPG

 ces inscriptions tracées en lettres rouges, d’un pinceau cursif, sur les parois des murailles : affiches de spectacle, demandes de location, formules votives, enseignes, annonces de toutes sortes, curieuses comme le serait dans deux mille ans, pour les peuples inconnus de l’avenir, un pan de mur de Paris retrouvé avec ses affiches et ses placards ;

photo 2 copie.JPGphoto 3 copie.JPGphoto 4 copie.JPG

 ces maisons aux toits effondrés laissant pénétrer d’un coup d’ œil tous ces mystères d’intérieur, tous ces détails domestiques que négligent les historiens et dont les civilisations emportent le secret avec elles ;pompei,arria marcela,théâtre,inscription,graffiti

ces fontaines à peine taries, ce forum surpris au milieu d’une réparation par la catastrophe, et dont les colonnes, les architraves toutes taillées, toutes sculptées, attendent dans leur pureté d’ arête qu’on les mette en place ;pompei,arria marcela,théâtre,inscription,graffiti

ces temples voués à des dieux passés à l’état mythologique et qui alors n’avaient pas un athée photo 5-1 copie.JPG; ces boutiques où ne manque que le marchand ;

ces cabarets où se voit encore sur le marbre la tache circulaire laissée par la tasse des buveurs ;pompei,arria marcela,théâtre,inscription,graffiti

cette caserne aux colonnes peintes d’ocre et de minium que les soldats ont égratignée de caricatures de combattants, et ces doubles théâtres de drame et de chant juxtaposés, qui pourraient reprendre leurs représentations, si la troupe qui les desservait, réduite à l’état d’argile, n’était pas occupée, peut-être, à luter le bondon d’un tonneau de bière ou à boucher une fente de mur, comme la poussière d’Alexandre et de César, selon la mélancolique réflexion d’Hamlet.

Fabio monta sur le thymelé du théâtre tragique tandis que Octavien et Max grimpaient jusqu’en haut des gradins,photo 5.JPG et là il se mit à débiter avec force gestes les morceaux de poésie qui lui venaient à la tête, au grand effroi des lézards, qui se dispersaient en frétillant de la queue et en se tapissant dans les fentes des assises ruinées ; et quoique les vases d’airain ou de terre, destinés à répercuter les sons, n’existassent plus, sa voix n’en résonnait pas moins pleine et vibrante. 

Toutes photos : ©Véronique Guillaume

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