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01 décembre 2014

De beaux modèles de description chez François Place et Timothée de Fombelle

Bonjour, 

 je te propose aujourd'hui d'embellir ton style par imitation, comme les peintres le font en allant copier des tableaux dans les musées. En guise de tableaux de maîtres, voici des extraits de François Place (Atlas des Géographes d'Orbae) et Timothée de Fombelle ( Le livre de Perle, son tout dernier roman - aucun spoiler ! )

Observe comment ils parviennent à rendre leur description vivante et dynamique :

1 - les objets inanimés sont presque tous sujets d'un verbe d'action.

Des rochers, qu’il fallait escalader, perçaient de leur masse sombre les feuillages.  François Place. 

 2 - Ici la description est organisée et présentée par des phrases nominales pleines de références aux sens.

La plage était large et blanche. Au-dessus d'elle le noir des forêts, en dessous les rouleaux de mer, la mousse éclatante, et partout le bruit de cette mer, la tiédeur de la nuit plus lumineuse que le jour.

 3 - des exemples de métaphore qui se présente comme une énigme et trouve sa résolution à la fin du paragraphe :

Une lumière apparut loin devant moi : une tache de lumière qui ondulait. C'était une forme carrée posée par terre dans le noir. Un petit tapis d'or liquide. Il bougeait. Je fermai les yeux. En les rouvrant je vis que le tapis était toujours là. Mais lorsque j'avançai vers lui, mes pieds s'enfoncèrent dans le sol. Je compris enfin ce qui se passait. Il y avait, juste là, une large rivière. Je l'entendais frémir. Et la tache de lumière aux carreaux d'or était le reflet d'une fenêtre éclairée dans l'eau.

4- Ici une personnification : par le verbe "devenir" la tristesse passe du statut d'inanimé à celui d'humain, puis Fombelle la caractérise par 3 éléments : l'alliance, la marche et l'apprivoisement.

Je n'avais pas oublié le désespoir qui m'avait jeté dans les bois. Cette tristesse devenait une alliée, elle marchait avec moi dans l'obscurité. Je l'apprivoisais.

Timothée de Fombelle, Le livre de Perle

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