Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

13 février 2017

HDA : Le Voyageur contemplant une mer de nuages

14:26 Écrit par Vega dans Histoire des arts | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |  Imprimer |

11 mai 2015

Le théâtre est un genre

A ) Les origines antiques

Remets les éléments suivants à leur place dans le tableau placé en dessous :

- Apparu à la fin -VIe siècle, le genre domine au -Ve siècle

- Apparu en -486, lors des grandes Dyonisies (jeux comiques)

- « Corriger les hommes en les divertissant » Molière, Premier Placet sur Tartuffe

- Culte à Dionysos pour lequel on sacrifie un bouc (tragos en grec)

- Culte à Dionysos avec des cortèges (kômoi), où l'on entend des plaisanteries et des chansons

- Fin funeste, inévitable sanction des erreurs

- Fin heureuse

- « Par la pitié et la crainte [elle] purge ses semblables de ses passions » Aristote, Poétique VI, 2

- Personnages illustres, ils vivent des combats, des passions, des douleurs exceptionnelles

- Plaisanteries grossières, tirades satiriques contre les personnages publics, caricature des dieux

- Récits issus de la mythologie et de l’histoire antique

- Situation familiale associant amour, argent et quiproquos, types sociaux caricaturés, faciles à identifier (père avare, belle-mère acariâtre, etc.)

 

 

La tragédie

La comédie

Origines du genre

 

 

Date de création

 

 

Définition du genre

 

 

Thèmes

 

 

Personnages

 

 

La fin

 

 

 B) Le théâtre en Europe du XVIe au XVIIIe siècle : Commedia dell’arte, Baroque, classicisme

 Complète le tableau ci-dessous qui te permettra d’avoir une vue d’ensemble de ces trois mouvements et des genres théâtraux qu’ils ont produits.

- Apparaît à la fin du XVIe siècle

- Apparaît dans la 2e moitié du XVIIe siècle

- Concerne tous les arts (peinture, sculpture, littérature, architecture, musique)

- Les pièces se caractérisent par des intrigues à rebondissement, un mélange des tons (comique, tragique)

- Les pièces se conforment à la règle des trois unités formulée par le poète français Boileau dans Poétique : « Qu'en un lieu, qu'en un jour, un seul fait accompli / Tienne jusqu'à la fin le théâtre rempli. »

- Mot d’origine portugaise qui désigne une perle ou une pierre irrégulière

- Mot italien qui signifie « théâtre interprété par des gens de l’art »

- Ne concerne que le théâtre

- Né en Italie, se répand en Europe

- Né en France, il concerne surtout ce pays

- Une règle de bienséance interdit ce qui peut choquer le spectateur (meurtre sur scène par ex.) ainsi que le mélange des genres (comédie, tragédie).

- Uniquement comiques, les pièces se composent de lazzis (plaisanteries burlesques, jeux de mots, grimaces, acrobaties)

 

Conseil : complète le tableau ligne par ligne, tu trouveras plus facilement les réponses.

 

 

Commedia dell’arte

Baroque

Classicisme

Origine du mot

 

 

Mot français qui vient de l’adjectif classique

Apparition du mouvement

Apparaît au XVe siècle

 

 

Lieu de naissance du mouvement

 

Né en Italie, se répand dans toute l’Europe

 

Arts concernés

 

 

Concerne tous les arts (peinture, sculpture, littérature, architecture, musique)

Caractéristiques

Les pièces se fondent sur l’improvisation des acteurs qui travaillent à partir d’une simple trame

 

 

Mélange des genres et des tons

 

On trouve aussi bien des combats à l’épée, des scènes d’amour que des scènes comiques

 

Si le tableau n'apparaît pas bien , tu peux télécharger le document  avec le lien ci-dessous et le compléter :

théâtre 17è.doc 

Le théâtre est un lieu

Les origines antiques : Vocabulaire théâtral 

Rends-toi sur cette page

http://www.latinistes.ch/latin/culture/theatre/theatre_a_...

qui va te permettre de compléter le tableau suivant. Attention, il n'y a pas toujours d'équivalent français et ils ne sont pas donnés dans le document : à toi de les retrouver.

 

Mot grec

Équivalent latin puis équivalent  français

La skéné

 

Le proskenion

 

L’orchestra

 

La thymélé

 

Le parodos

 

 Ensuite rends-toi sur le site du théâtre antique d'Orange (un théâtre gallo-romain)

http://theatre-antique.com/fr/dossiers/theatre-antique?ga...

à l'aide du plan du théâtre dans l'image précédente, retrouve sur les photos :

les gradins

la scène

l'avant scène

le mur de scène

le vomitorium

l'orchestre

19 novembre 2014

Arria Marcella : Visite illustrée de Pompei avec Théophile Gautier

Dans la nouvelle de Théophile Gautier  Arria Marcella, qui se déroule à Pompéi au XIXe siècle, le héros Octavien visite Pompéi avec ses amis : en voici l'illustration en photos qui te permettra de voir ce qu'imaginait Gautier en écrivant.

"Il regardait d’un œil effaré ces ornières de char creusées dans le pavage cyclopéen des rues et qui paraissent dater d’hier tant l’empreinte en est fraîche ;photo 4.JPG

 ces inscriptions tracées en lettres rouges, d’un pinceau cursif, sur les parois des murailles : affiches de spectacle, demandes de location, formules votives, enseignes, annonces de toutes sortes, curieuses comme le serait dans deux mille ans, pour les peuples inconnus de l’avenir, un pan de mur de Paris retrouvé avec ses affiches et ses placards ;

photo 2 copie.JPGphoto 3 copie.JPGphoto 4 copie.JPG

 ces maisons aux toits effondrés laissant pénétrer d’un coup d’ œil tous ces mystères d’intérieur, tous ces détails domestiques que négligent les historiens et dont les civilisations emportent le secret avec elles ;pompei,arria marcela,théâtre,inscription,graffiti

ces fontaines à peine taries, ce forum surpris au milieu d’une réparation par la catastrophe, et dont les colonnes, les architraves toutes taillées, toutes sculptées, attendent dans leur pureté d’ arête qu’on les mette en place ;pompei,arria marcela,théâtre,inscription,graffiti

ces temples voués à des dieux passés à l’état mythologique et qui alors n’avaient pas un athée photo 5-1 copie.JPG; ces boutiques où ne manque que le marchand ;

ces cabarets où se voit encore sur le marbre la tache circulaire laissée par la tasse des buveurs ;pompei,arria marcela,théâtre,inscription,graffiti

cette caserne aux colonnes peintes d’ocre et de minium que les soldats ont égratignée de caricatures de combattants, et ces doubles théâtres de drame et de chant juxtaposés, qui pourraient reprendre leurs représentations, si la troupe qui les desservait, réduite à l’état d’argile, n’était pas occupée, peut-être, à luter le bondon d’un tonneau de bière ou à boucher une fente de mur, comme la poussière d’Alexandre et de César, selon la mélancolique réflexion d’Hamlet.

Fabio monta sur le thymelé du théâtre tragique tandis que Octavien et Max grimpaient jusqu’en haut des gradins,photo 5.JPG et là il se mit à débiter avec force gestes les morceaux de poésie qui lui venaient à la tête, au grand effroi des lézards, qui se dispersaient en frétillant de la queue et en se tapissant dans les fentes des assises ruinées ; et quoique les vases d’airain ou de terre, destinés à répercuter les sons, n’existassent plus, sa voix n’en résonnait pas moins pleine et vibrante. 

Toutes photos : ©Véronique Guillaume

18 novembre 2014

A la découverte de la villa de Poppée à Oplontis

     La Villa de l'impératrice Poppée, femme de l'empereur Néron, a été construite au milieu du premier siècle de notre ère et se trouve actuellement dans la ville de Torre Annunziata, au sud du Vésuve, près de la mer, entre le Vésuve et Pompéi. Elle est située dans une rue en pente, près d'une zone militaire qui ne sera jamais l'objet de fouilles. On accède donc au site archéologique par un large escalier qui nous mène directement au jardin de la villa et à l'arrière de la domus.

Voici les photos du jardin actuel, planté de grenadiers comme il devait l'être autrefois d'après les recherches des paléobotanistes :  (toutes photos : ©Véronique Guillaume)

 

photo 1-4.JPG

photo 2-4.JPG 

La grenade est l'un des attributs de Junon, épouse de Jupiter. On retrouvera ce fruit peint à fresque dans de nombreuses pièces de la maison.

photo 3-4.JPG

Nous voici dans le péristyle de la maison, qui donne sur un minuscule espace vert, petit jardin comme un patio, entouré de colonnes,

 

image.jpg

qui donne visuellement sur l'atrium immense. On reconnaît au centre le bassin carré de l'impluvium qui accueillait les eaux de pluie et offrait un coin de fraîcheur à la pièce.

image.jpg

La photo ci-dessus et les deux photos ci-dessous montrent des fresques typiques du IIe style. On y retrouve les couleurs très vives, particulièrement marquées dans cette dodus bien que presque 2000 ans aient passé depuis sa construction,  ainsi que le trompe-l'œil très présent dans  la façon dont les matières sont rendues. Bien que le mur soit peint à fresque, il donne l'impression d'être recouvert de plusieurs plaques de marbre coloré et varié en mosaïque.image.jpg

image.jpg

image.jpg

 Désolée, la photo est de travers ! Nous sommes arrivés dans le caldarium, pièce chaude des bains de la maison. Il était très rare que les maisons romaines possédassent une salle de bains, encore moins des thermes privés comme ici : on y voit  la marque de la richesse et du statut social de la maîtresse de maison, mais aussi le début d'une évolution dans les mentalités qui commence à voir apparaître les thermes privés et les salles de bains individuelles. Ce luxe n'est pas du goût des philosophes de l'époque, comme Sénèque, qui vante dans une lettre à son ami Lucilius la sobriété de la salle de bains campagnarde de Scipion, le grand vainqueur de Carthage (voir le texte latin et sa traduction). Dans ce caldarium, on vient pour avoir chaud et transpirer, sous le regard d'Hercule, dans le décor du jardin des Hespérides. On reconnaît facilement le demi-dieu à la présence de la massue dans sa main gauche et de la peau du lion de Némée qui lui couvre le dos.

photo 1.JPG

 Que raconte cette fresque ? Hercule, le héros fils d'Alcmène et de Jupiter se trouve devant un arbre magnifique, au feuillage léger, comme on en trouve dans le bassin méditerranéen. Il est venu chercher les pommes d'or sur l'ordre de son cousin le roi Eurysthée. C'est une épreuve supplémentaire que lui donne le roi de Mycènes car, parmi les dix autres travaux déjà effectués, Hercule s'est fait aider deux fois, donc huit de ses travaux seulement sont "validés". Eurysthée charge  Hercule de dérober les pommes d'or de ce mystérieux jardin, situé très loin au-delà des terres habitées par les Grecs, aux confins du monde connu, dans une région qu'aucun mortel n'a fréquentée. Hercule part d'abord vers le nord de la Grèce et après un chemin semé de nouvelles épreuves et de héros à aider ou de monstres à affronter, il en vient à délivrer Prométhée qui lui conseille d'aller de l'autre côté de la péninsule ibérique pour rencontrer le géant Atlas. En effet, c'est Atlas qui pourra l'aider à cueillir les pommes, car le jardin est gardé par le serpent Ladon, une forme de dragon qu'Héra a offert aux Hespérides, les filles de l'Occident, pour protéger les pommes de leur jardin. Mais Atlas porte le monde sur ses épaules, et c'est un lourd fardeau qu'il ne peut pas emporter au jardin : il demande donc à Hercule de le remplacer - momentanément, dit-il. Hercule accepte en toute confiance, et Atlas, tout heureux, savoure sa liberté. Il demande tout de même d'abord à Hercule de tuer le serpent effrayant puis cueille les pommes, comme promis,  mais envisage de les rapporter lui-même à Eurysthée. Hercule, qui a bien compris qu'Atlas n'a pas du tout l'intention de récupérer son fardeau, utilise une ruse : il demande à Atlas de reprendre quelques instants sa place, le temps pour Hercule de chercher un coussin pour soulager sa nuque. Mais le héros n'a pas du tout l'intention de faire le travail d'Atlas, et le géant berné s'aperçoit bien vite qu'il est de nouveau obligé, pour toujours, de porter le monde sur ses épaules. 

photo 2.JPG

Voici enfin les pommes tant convoitées : elles sont représentées par des grenades, qui, tout comme le paon, sont des références à  la déesse Junon. 

photo 3.JPG

 

photo 4.JPG

 

photo 5.JPG

 

photo 1-1.JPG

 

photo 1-2.JPG

 

photo 2-1.JPG

 

photo 4-1.JPG

 

photo 5-1.JPG

 

photo 4-3.JPG

Ci-dessus, nous entrons dans la cuisine dont il reste les fourneaux. On chauffait au bois

photo 1-3.JPG

domus,oplontis,hercule,atrium,caldarium,fresquess,junon,pommes d'or,hespérides

 

 

 

 

domus,oplontis,hercule,atrium,caldarium,fresquess,junon,pommes d'or,hespérides

03 novembre 2014

Paestum, une cité grecque en terre italienne

Salve,

Nous sommes allés visiter Paestum mardi 14 Octobre dans l'après-midi. Le terme d'enchantement n'est pas trop fort pour décrire ce que nous avons pu ressentir. La taille gigantesque des temples, échelle divine au milieu des humains, le cadre bucolique, la taille de l'ancienne cité grecque, plus d'un kilomètre et demi entre le temple d'Athéna et celui d'Héra, la plongée dans le temps archéologique, tout concourt à nous faire croire à un sortilège.

Voici quelques images que j'en rapporte : celles du temple d'Athéna pour commencer.

 

image.jpg La façade hexastyle (à six colonnes, du grec hexa, six et stylos, colonne) du temple est bien visible sur cette photo, de même que son caractère périptère : il est entièrement entouré de colonnes.


image.jpg
Quelques centaines de mètres plus loin, nous découvrons le temple de Poséidon. On distingue très nettement le pronaos, une seconde colonnade à l'intérieur du temple, qui servait de vestibule à la demeure du dieu, le naos (en grec) ou la cella ( en latin).image.jpg
image.jpg
Dans l'étude des realia  antiques, c'est difficile de prendre conscience des dimensions des objets quand on n'a que des ruines pour se faire une idée. A Paestum, le visiteur n'a pas ce problème. Les temples sont dans un état de conservation qui permet de se rendre vraiment compte du rapport entre l'être humain et la divinité, et notamment du rapport de taille. Vous voyez ces petits êtres qui n'atteignent même pas la dernière marche du temple de Poséidon ? Un humain, c'est ça. Imaginez la statue gigantesque qui devait se trouver dans la cella : ce vertige qui vous saisit, les Romains avaient un mot particulier pour le nommer : ils l'appelaient la religio, un sentiment proche du respectus.image.jpg

05 octobre 2014

Les lieux de spectacle en Campanie : le théâtre de Pompéi

Salve, 

Nous partons aujourd'hui à Pompéi et Pouzzoles découvrir les points communs et surtout les différences entre théâtre et amphithéâtre.

Comme pour toute question, il est intéressant de remonter à l'origine des mots. Point commun évident : l'étymologie, qui est grecque - on reconnait le th qui correspond au theta grec-. Le mot theatrum signifie "le lieu où l'on regarde un spectacle". Ce sont donc des lieux de spectacle, mais on ne va pas voir du tout les mêmes choses : le théâtre montre des comédies et des tragédies tandis que l'amphithéâtre accueille des combats de gladiateurs, avec ou sans animaux.

Le théâtre de Pompéi est construit en s'adaptant à la disposition naturelle du lieu, comme les théâtres grecs ; on voyait ainsi au fond le paysage de la campagne et le Vésuve. Quant à son architecture, c'est un modèle de théâtre romain

theatre-pompei.jpgsource de l'image

On y retrouve les éléments suivants :

1 - le mur de scène, frons scaenae, ornée de colonnes,  qui offrait un décor permettant  à toutes les pièces d'utiliser des machineries et des trucages dont les Romains raffolaient. Le frons scaenae est percé de trois portes pour faire entrer et sortir les acteurs ;

2 - le devant de la scène ou proscenium, estrade large et basse sur laquelle jouaient les acteurs ;

3 - le pulpitum , tréteaux ou base du proscenium ;

4 - l'orchestra, espace semi-circulaire hérité du théâtre grec ; ce sont les officiels qui y prennent place, les sénateurs (senatores), les consuls ;

5 - la cavea, gradins disposés en hémicycle où s'asseyait le public. Il ne reste que l'ima cavea, les gradins inférieur, où étaient logés les plus riches et les plus importants dans l'ordre social : sénateurs (senatores) et chevaliers (équités). Au milieu se tenaient les citoyens, en haut le peuple.

6 - les vomitoria, galeries en réseau qui permettaient d'accéder aux gradins de la cavea en descendant ensuite des escaliers.

Ce théâtre pouvait contenir 5000 spectateurs.

Exercice : sur le document 1, indique la légende en recopiant les mots en gras et reporte sur l'image les numéros correspondant aux parties du théâtre romain.

Il existe un autre théâtre à Pompéi, plus petit, l'Odéon, où se jouaient les spectacles lyriques : des recitationes publiques de poèmes accompagnés de musique.

odeon-pompei.jpgsource de l'image

Synthèse personnelle : à l'aide d'une carte heuristique, de schémas, de dessins ou d'un paragraphe, note sur ton cahier ce que tu as retenu.

23 septembre 2014

Des dieux bienveillants

Quels dieux identifies-tu sur cette fresque pompéienne ? Quels indices t'ont mis sur la voie ?

https://www.flickr.com/photos/ckaiserca/8516594320/sizes/...

(clique sur l'image et choisis "taille originale" pour bien voir les détails)

21 septembre 2014

Des serpents à Pompéi

Salve,

que vois-tu représenté sur ces fresques de Pompéi ?

lararium Vettii.jpg  

ici:https://www.flickr.com/photos/70125105@N06/7861981308/

et là ?

bacchus-et-le-vésuve1.jpg 

Quel point commun présentent ces fresques ? Quel adjectif d'origine grecque qualifie cet animal ? Que symbolise-t-il ?

ÉDIT : bien entendu, mes questions concernent cet animal dans ce contexte et dans cette ville, et non en général.

02 juillet 2014

Sirènes, Charybde et Scylla

image.jpg image.jpg image.jpg

25 juin 2014

Les représentations des monstres dans l'Odyssée : Polyphème

Dans cet article, c'est de Polyphème le Cyclope que nous parlerons.

Ulysse a abordé l'île des Cyclopes, mais ces bergers géants sont faussement hospitaliers : ils enferment Ulysse et ses compagnons dans leur grotte et Polyphème, fils de Poséidon, en dévore deux chaque jour. Ulysse invente une ruse pour se tirer de ce mauvais pas.

"…je lui reversai du vin de feu ; trois fois je l’en servis, et trois fois l’imprudent le but. Puis, quand le vin lui eut embrumé les esprits,

je lui soufflai ces mots aussi doux que du miel : Cyclope, tu t’enquiers de mon illustre nom. Eh bien, je répondrai : mais tu n’oublieras pas le don promis ! 
Je m’appelle Personne, et Personne est le nom que mes parents et tous mes autres Compagnons me donnent."
A ces mots, aussitôt, il repartit d’un cœur cruel "Eh bien, je mangerai Personne le dernier et les autres d’abord. Voilà le don que je te fais!" Alors, tête en arrière, il tomba sur le dos ; puis sa grosse nuque fléchit, le souverain dompteur, le sommeil, le gagna ; de sa gorge du vin jaillit et des morceaux de chair humaine ; il rotait, lourd de vin.
J’enfouis alors le pieu sous l’abondante cendre pour le chauffer ; j’encourageai de mes propos mes compagnons, afin qu’aucun, de peur, ne défaillît. Mais, quand bientôt le pieu d’olivier dans le feu rougeoyant, quoique vert, jeta une lueur terrible, m’approchant, je l’en retirai ; mes compagnons étaient autour de moi ; un dieu nous insufflait un grand courage. Eux, s’emparant du pieu d’olivier acéré, l’enfoncèrent dans l’œil ; moi, appuyant par en dessous, je tournai, comme on fore une poutre pour un bateau à la tarière, en bas les aides manient la courroie qu’ils tiennent aux deux bouts, cependant que la mèche tourne : ainsi, tenant dans l’œil le pieu affûté à la flamme, nous tournions, et le sang coulait autour du pieu brûlant. Partout sur la paupière et le sourcil grillait l’ardeur de la prunelle en feu ; et ses racines grésillaient. Comme quand le forgeron plonge une grande hache ou une doloire dans l’eau froide pour la tremper, le métal siffle, et là gît la force du fer, ainsi son œil sifflait sous l’action du pieu d’olivier. Il poussa un rugissement, la roche en retentit, nous nous enfuîmes apeurés ; alors, il arracha le pieu qu’un sang nombreux salissait de son œil, le jeta loin de lui de ses mains, affolé, et à grands cris héla les Cyclopes qui habitaient dans les grottes des alentours, sur les cimes venteuses.
En entendant ses cris, ils accoururent de partout et, demeurés dehors, lui demandèrent ses ennuis :
"Quel mal t’accable, Polyphème, pour que tu cries ainsi dans la céleste nuit, et nous empêches de dormir ? Serait-ce qu’on te tue par la ruse ou la force ?"
Du fond de l’antre, le grand Polyphème répondit : "Par ruse, et non par force, amis ! Mais qui me tue ? Personne !"

Homère, Odyssée, chant IX, 360-408. 
Traduction par Philippe Jaccottet.
La Découverte, 1982.

 

Ulysse et ses compagnons aveuglant Polyphème, Coupe laconienne attribuée au Peintre du Cavalier, Sparte, vers - 560-550 av. J.C-., BNF, Monnaies, Médailles et Antiques, De Ridder, 190

Odyssée-Polyphème-coupe.png

Cette coupe du VIe siècle, époque archaïque, présente la célèbre scène de l'aveuglement du Cyclope racontée par Homère dans l'Odyssée. On y voit 4 hommes debout, de profil, tenant sur l'épaule un long bâton qui atterrit dans l'œil d'un géant assis à droite. On y reconnaît les compagnons d'Ulysse et Ulysse lui-même, sur la gauche, le 4e, dans la position où le décrit Homère. Le premier compagnon donne du vin à boire au Cyclope pour l'enivrer ; en même temps, le Cyclope dévore des compagnons d'Ulysse, dont on voit deux jambes qui demeurent entre ses mains. Le grand poisson en bas de la coupe rappelle la présence de la mer et donc de Poséidon, dieu des mers, l'Ebranleur du Sol, dont Polyphème est le fils. Cette allusion  permet d'identifier les personnages. Cette représentation montre tous les détails de la scène en même temps, alors que dans le texte ces détails se succèdent chronologiquement : c'est une représentation synthétique, caractéristique de la façon de représenter les évènements dans l'époque archaïque.

Trois caractéristiques le désignent comme un monstrum : il est géant, il est anthropophage et il n'a qu'un œil rond au milieu du front (Oeil rond, c'est le sens du mot Cyclope en grec) : c'est donc un être a-normal, qui n'existe pas dans la nature. 

 

15 juin 2014

Des divinités nouvelles à Rome : Isis et Mithra

 Isis_Musei_Capitolini_MC744.jpg

 

Statue d'Isis provenant de la villa Hadriana à Tivoli près de Rome,

IIe siècle de notre ère, marbre, Musée du Capitole, Rome. Clique sur l'image pour l'agrandir.

Isis est une divinité égyptienne à l'origine, dont le culte à mystères célèbre sa capacité à redonner la vie après la mort, comme elle l'a fait pour son frère et époux Osiris.

1 - Quels sont les 3 détails  caractéristiques de la sculpture romaine dans cette statue ?

2 - A quels détails (il y en a 3)  reconnaît-on immanquablement Isis ? Pour t'aider à les identifier sur l'image, lis cet extrait de l'article que lui consacrent en 1877  Daremberg et Saglio dans leur dictionnaire (article complet sur le site Méditerranées à cette adresse : http://www.mediterranees.net/civilisation/religions/egypt... )

Ses images, il est vrai, se distinguent de toutes les autres à quelques signes certains. Comme indice de son origine, elle tient dans la main droite le sistre (sistrum), sorte de crécelle, dont le son accompagnait les cérémonies du culte égyptien ; à sa main gauche est suspendu un petit seau de forme arrondie, propre à contenir l'eau sacrée [cymbium, situla). Sur son front se dresse la fleur de lotus, emblème de résurrection. Comme les déesse-mères, elle porte une longue robe qui tombe jusqu'à ses pieds et ne laisse à découvert que les avant-bras ; son manteau, souvent garni de franges, est noué sur le devant de la poitrine, entre les deux seins ; ce noeud volumineux et très apparent est, de tous les attributs d'Isis, celui auquel on la reconnaît le plus sûrement. Sa chevelure retombe en boucles le long de son cou ; elle est la déesse euplokamos.

Son culte s'est propagé dans tout l'empire romain au point que des temples à Isis ont été construits un peu partout, notamment à Pompei. Le sanctuaire contenait l'eau sacrée du Nil. L'architecture est très différente des temples romains.

En comparant ces deux temples, le temple d'Isis et le temple d'Apollon à Pompei, note leurs différences  (taille, architecture, emplacement).

Tempio_di_Iside_1.jpg

Temple d'Isis à Pompei, fin du IIe siècle de notre ère. 

temple d'Apollon-Pompei.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Temple d'Apollon à Pompei, Ier siècle de notre ère. 

Arrive ensuite au IIe siècle le culte de Mithra, venu d'Orient : c'est un dieu indo-iranien. En védique, la langue ancienne de l'Inde, "mitra" signifie "ami", "contrat". Il protège la justice, veille à ce que le monde demeure en ordre, c'est le dieu de l'alliance et du serment. Lié à la lumière, il est aussi le protecteur des troupeaux et de ceux qui défendent leur territoire, donc des soldats, ce qui explique sans doute que son culte se soit  particulièrement implanté chez les soldats romains. A Rome, c'est un culte à mystères, comme celui d'Isis et surtout comme les cultes grecs d'Orphée.

Le premier exploit de Mithra, raconté par la légende, c'est de naître d'une paroi rocheuse, une torche et un glaive à la main. Il est là pour lutter contre le mal : la sécheresse, qui détruit toute vie. Il veille sur l'ordre du monde et procure l'eau aux troupeaux en faisant jaillir une source de la paroi rocheuse. Dans la suite de sa légende, le second exploit est lié à sa rencontre avec un taureau sauvage dans les montagnes. Il s'accroche à ses cornes et le monte, tombe, lui lie les pattes arrière, puis le charge sur ses épaules et commence avec lui un long voyage, le transitus. A la fin de ce transitus, Mithra sacrifie l'animal au Soleil, comme le lui a demandé un corbeau messager.  Son sacrifice redonnera la force vitale au monde. Ce qui s'écoule alors de l'animal c'est un sang comme du vin et des chairs comme du grain.  Un chien arrive, qui mange le blé, puis un scorpion qui lui pince les testicules et un serpent. Ces liquides symboliques -sang, vin, sperme-  sont des principes vitaux qui vont permettre la régénération du monde. Pour fêter cette victoire, un banquet est organisé auquel assistent le Soleil et Mithra devenu Sol Invictus. Invaincu et invincible, c'est Mithra qui monte au ciel sur le char solaire.

 

Sur cette représentation du sacrifice du taureau par Mithra (100 à 200 de notre ère, collection Borghèse, musée du Louvre-Lens), comment Mithra est-il vêtu ? Comment s'y prend-il pour sacrifier le taureau ? Quels autres animaux retrouves-tu dans ce bas-relief ?

Mithra_sacrifiant_le_Taureau-005.jpg

Dans l'extrait suivant  que vous avez à traduire  et qui complète le texte de la p. 144 du manuel,  Lucius, le narrateur  des Métamorphoses ou l'Ane d'or, raconte son histoire. C'est un homme très curieux qui, ayant assisté à la métamorphose d'une magicienne en oiseau, a été lui-même métamorphosé en âne. Initié aux mystères d'Isis après des aventures aussi variées que drôles, il reprendra forme humaine grâce à la déesse. Pour l'heure, il décrit le cortège qui accompagne Isis :

religion antique,isis,sculpture,mithra,temple

Cérémonie d'un culte à Isis
fresque provenant d'Herculanum
Ier-IIIe siècle apr. J.-C, 80 cm x 85 cm
Musée Archeologique de Naples, photo Erich Lessing © [Texteimage.com]. Source : http://www.cndp.fr/archive-musagora/religion/religionfr/frescisis2.htm

Uidi et ursam mansuem quae cultu matronali sella uehebatur, et simiam pilleo textili crocotisque Phrygiis Catamiti pastoris specie aureum gestantem poculum. […] Inter has oblectationes ludicras popularium, quae passim uagabantur, jam sospitatricis deae peculiaris pompa moliebatur. […] Ferebatur ab alio cista secretorum capax penitus celans operta magnificae religionis.

Copiez ce texte dans le logiciel Collatinus et lemmatisez-le pour obtenir la liste de vocabulaire. Pour traduire, pensez à construire la syntaxe de la phrase : partez de chaque verbe et  cherchez son sujet et ses compléments, puis repérez les mots subordonnants (pronoms relatifs, conjonction de subordination)

Homère nous parle

Homere-bnf.jpg

 

Gravure d'après un original du IIe siècle av. J.-C.
H. Guill. Tischbein, Figures d'Homère dessinées d'après l'antique. Tome premier : Iliade. Metz, 1801.
BnF, Estampes et photographie, Ta 4, t. 1 p. 8

Homère, bonjour et merci d'avoir accepté notre interview. Qui êtes-vous ?

Χαίρε ! Je suis un poète grec, un aède pour être exact. Ma vie est une légende, je suis une légende. Certains vont même jusqu'à dire que je n'ai jamais existé ! 7 villes grecques, pas moins, revendiquent l'honneur de m'avoir vu naître, dans cette ancienne partie du monde que l'on nommait Asie mineure et qui aujourd'hui appartient à un pays que vous nommez Turquie. J'ai vécu au VIIIe siècle avant notre ère. On dit de moi que j'étais aveugle. En tant qu'aède, j'ai inventé et chanté L'Iliade et L'Odyssée, des histoires de combats, d'amour, de héros, de dieux et de voyages, qui appartenaient à notre tradition orale.

 

Homer_by_Philippe-Laurent_Roland_(Louvre_2004_134_cor).jpg

Homère, 1812, Philippe-Laurent Roland, Musée du Louvre, Paris.

 

Un aède ? Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste ce métier ?

Je suis à la fois un conteur, un inventeur d'histoire, un compositeur, un musicien, un poète, un chanteur : je raconte des mythes et des légendes à mon auditoire, en m'accompagnant de mon instrument favori, la phormynx, qui est une sorte de lyre.

 

 

Apotheose-Homere- Jean_Auguste_Dominique_Ingres,_1827.jpg

Apothéose d'Homère, Jean-Dominique INGRES, 1827, Musée du Louvre, Paris.

Mais alors, pourquoi dit-on que vous êtes un poète ?

 Mais parce que mes deux oeuvres sont des poèmes ! Ce sont même des épopées. Tout est en vers, en grec, dans ma langue d'origine. Rendez-vous compte : 15 693 vers pour L'Iliade, 12 110 pour  L'Odyssée, et tout cela appris par cœur ! Un travail de titan ! Tenez, voici les deux premiers vers de mon Odyssée :

῎Ανδρα μοι ἔννεπε, Μοῦσα, πολύτροπον, ὅς μάλα πολλὰ

πλάγθη, ἐπεὶ Τροίης ἱερὸν πτολίεθρον ἔπερσε

Ce que je traduirais dans votre langue par :

Chante-moi ce héros, Muse, [cet homme] aux mille ruses, qui porta de toutes parts

Ses pas errants, après avoir détruit les remparts sacrés de Troie.

Comment avez-vous construit votre poème L'Odyssée ?

C'est une œuvre en 24 chants, que j'ai imaginée avec des retours en arrière. Dans la première partie, du chant I au chant IV, c'est moi qui prends la parole : je raconte comment Télémaque décide de partir d'Ithaque à la recherche de son père, Ulysse, disparu depuis dix ans, après qu'il a quitté Troie. Télémaque est un jeune homme, son père est parti alors qu'il était tout petit, il ne sait même pas à quoi il ressemble.

Ensuite, dans la deuxième partie, du chant V au chant VIII, je dépayse mon auditoire, je l'emmène auprès des dieux et de la nymphe Calypso. Les dieux demandent à Calypso de laisser partir Ulysse, qu'elle retient auprès d'elle depuis sept ans. C'est Hermès qui porte ce message à la nymphe. Ulysse prend donc la mer, construit un radeau - il n' a plus de bateau- mais il se heurte à une terrible tempête comme on en voit en Méditerranée, déchaînée par le dieu Poséidon. Ulysse fait naufrage et aborde dans un état épouvantable sur les rives du royaume des Phéaciens. La princesse Nausicaa le trouve sur la plage et, malgré son état, elle n'a pas peur et l'emmène auprès de son père le roi Alkinoos.

Dans ma troisième partie, du chant IX au chant XII,  Ulysse va lui-même, par ma bouche, raconter son histoire à Alkinoos , le roi des Phéaciens et à tous les membres du banquet. Ulysse revient donc des années en arrière, après son départ de Troie et narre comment il a dû affronter des épreuves et des êtres terribles : les Cicones, les Lotophages, les Cyclopes, le dieu des vents Eole, les Lestrygons, la magicienne Circé et ses sortilèges, le pays des morts, les Sirènes et leurs chants, Charybde et Skylla, la colère d'Hélios et enfin Calypso et son amour merveilleux mais possessif.

Dans ma dernière partie, du chant XIII au chant XXIV, je reprends la parole et je raconte-enfin- le retour d'Ulysse en son île d'Ithaque, la manière dont il se déguise en mendiant puis se fait reconnaître par les siens : son chien Argos, sa nourrice Euryclée et enfin sa femme, Pénélope, qui est aussi rusée que lui et qui lui donne bien du fil à retordre. Je raconte comment il se venge des prétendants qui convoitent son trône et sa femme et comment il retrouve enfin son épouse et son foyer.

Regardez le voyage qu'il a fait, en tout cas tel que nous nous représentions notre monde et la Méditerranée à notre époque :

 

homère,odyssée,grec,

Si vous voulez en savoir davantage sur moi, je vous recommande d'aller voir la très belle exposition de la BNF : http://expositions.bnf.fr/homere/expo/salle1/index.htm

Il ya un gros plan sur moi, avec beaucoup d'images, d'informations et même des commentaires parlés : http://expositions.bnf.fr/homere/borne1.htm

Je sens que nous sommes appelés à nous revoir : alors, à bientôt ! Ὑγιαίνε !

14 juin 2014

Les douze travaux d'Hercule, en vases grecs et en anglais

Salve,

Au cours de mes recherches pour l'abécédaire, j'ai découvert sur la base Perseus une suite de reproductions de vases grecs qui racontent les douze travaux d'Hercule , avec de nombreux détails dans le texte anglais. Ainsi,  le lecteur apprend que les pommes d'or du jardin des Hespérides avaient été offertes par Héra à Zeus, en cadeau de mariage ; on imagine donc facilement que la déesse jalouse du nouveau fils de son mari n'allait pas le laisser la déposséder de ses propres offrandes.

Le texte et un détail d'un vase à figures rouges sont ici : http://www.perseus.tufts.edu/Herakles/apples.html

Mais commençons par le début : 

le lion de Némée : http://www.perseus.tufts.edu/Herakles/lion.html

L'hydre de Lerne (qu'Eurysthée n'a pas voulu valider) : http://www.perseus.tufts.edu/Herakles/hydra.html

La biche de Cérynie : http://www.perseus.tufts.edu/Herakles/hind.html

Le sanglier d'Erymanthe : http://www.perseus.tufts.edu/Herakles/boar.html

les Ecuries d'Augias (là non plus, Eurysthée n'a pas voulu le valider, prétextant qu'Hercule s'était fait aider) : http://www.perseus.tufts.edu/Herakles/stables.html

Les Oiseaux du lac Stymphale : http://www.perseus.tufts.edu/Herakles/birds.html

Le taureau de Crète : http://www.perseus.tufts.edu/Herakles/bull.html

Les Juments de Diomède : http://www.perseus.tufts.edu/Herakles/horses.html

La ceinture d'Hippolyte (la reine des amazones) : http://www.perseus.tufts.edu/Herakles/amazon.html

Le troupeau de Géryon : http://www.perseus.tufts.edu/Herakles/cattle.html

Les Pommes d'or des Hespérides : http://www.perseus.tufts.edu/Herakles/apples.html

Le chien Cerbère : http://www.perseus.tufts.edu/Herakles/cerberus.html

27 mai 2014

L'Affiche Rouge / Strophes pour se souvenir, Louis Aragon

Etude conjointe poème et image : Manuel Magnard.

Pour ceux qui ont oublié leur manuel :

affiche rouge en très grand : ou ci-dessous 1

Texte du poème ici ou à télécharger : Strophes pour se souvenir.doc

Aragon, poète résistant, a rédigé en 1955  ce poème, soit 11 ans après le moment où la propagande nazie a placardé 150 000 affiches sur les murs de France. Conséquence voulue de cette propagande, 23 résistants ont été arrêtés et fusillés en février 1944.

diaporama étude de l' affiche :afficherouge.ppt

Questions pour l'étude du poème :

  1. Dans ce poème il y a 4 situations d'énonciation différentes : repère-les => qui parle à qui, quand, pourquoi ? +  n° des vers. 
  2. v 19 à 30 : quelles qualités du poète arménien Manouchian sont mises en valeur ?
  3. v.19 à 30 relève le champ lexical de la lumière. A quoi est-il lié ? Quelle figure de style reconnais-tu v. 21, 22 et 27 ?
  4. 2e strophe et dernière strophe : relève une comparaison+ une métaphore et explique-les.
  5. Pour quoi / pour qui  Aragon a-t-il écrit ce poème ?

 

 

Pour aller plus loin, lisez les pages - riches, intéressantes ! - que consacre à l'Affiche rouge Daniel Mermet dans son émission Là-bas si j'y suis, (vers 17 h sur France Inter)

http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=216

écoutez l'interprétation de Léo Ferré qui a mis en musque le poème d'Aragon :

Paroles et clip de Léo Ferré - L'affiche Rouge

ou celle de Catherine Sauvage (chez vous, les vidéos ne sont pas lisibles au collège)

  1. Affiche_rouge_tgd.jpg

22 mai 2014

Une autre version du Jardin d'Eden

Cette vidéo a été créée par l'ESMA. Double-clique sur le lecteur pour l'afficher en plein écran.

07 avril 2014

Sitographie : la mythologie gréco-romaine

Salve,

J'ai fouillé le web à la recherche de liens intéressants concernant la mythologie antique. Voici ma récolte ; certains sont connus, d'autres beaucoup moins mais tous offrent des informations exactes et plus ou moins complexes. Je les ai classés du plus simple au plus compliqué. Au rez-de-chaussée, vous trouverez des informations essentielles mais parfois incomplètes ; plus on monte dans les étages , plus le niveau est plus riche,  et plus il y a  de textes à lire. Au  3e étage, les informations sont  très approfondies ou bien en anglais, je sais que ça en intéressera certains (certaines ) d'entre vous, c'est également à ce niveau que se situent les œuvres antiques les moins courantes.

Rez-de-chaussée :
http://www.dictionnaire-mythologie.com/
très facile d'accès pour de jeunes collégiens ; l'information y est souvent superficielle, mais c'est un bon début.

Premier étage :
http://mythologica.fr/index.html
portail mythologique général : toutes les mythologies y sont représentées.
http://mythologica.fr/grec
Consulter les onglets ; on y trouve un classement par noms des divinités.
http://mythologica.fr/grec/olympien.htm
les douez dieux olympiens y sont référencés
http://mythologica.fr/grec/enfers.htm
Article intéressant notamment pour sa carte géographique des Enfers

http://www.litteratureaudio.com/livres-audio-gratuits-mp3...
l'histoire du soir, à écouter. vous pouvez le télécharger et l'installer sur un baladeur.
http://followinghadrian.com/2014/03/05/monsters-and-mythi...
Des photos très claires même si le texte de l'article est en anglais

2e étage :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Enfers_grecs
Article complet, avec une photo du lac Averne dans les Champs Phlégréens, près de Naples (ça rappellera des souvenirs à Charles et Camille)

http://mythologica.fr/grec/util/mytho.pdf
une carte généalogique des dieux, complète et utile mais complexe
http://www.mediterranees.net/mythes/index.html
Une liste indexée des personnages mythologiques, qui renvoie à des sources antiques, des œuvres d'art antiques et modernes ; ce sont souvent des personnages littéraires.  Voir par exemple la galerie du Sphinx :
http://www.mediterranees.net/mythes/oedipe/sphinx.html


J'ai repéré un très belle Galerie d'images :
http://www.theoi.com/GalleryK1.html
galerie de peintures sur vases et objets grecs représentant des divinités. Un atout pour les plus curieux : le site propose le nom des divinités et des créatures en grec, latin et anglais, avec une translittération pour prononcer correctement le grec si on ne le lit pas.


  3e étage :
http://www.theoi.com/Bestiary.html
même principe mais pour des créatures animales ; attention, l'index est en anglais. Si vous cherchez la licorne, tapez "Unicorn".


http://www.theoi.com/Olympios/Athena.html
Remarquable pour sa série d'Athéna représentée sur des vases grecs à figures rouges ou à figures noires. Elle se situe tout en bas de la page et les légendes sont bien sûr en anglais. On y trouve aussi des mosaïques et des sculptures antiques.


http://www.britishmuseum.org/research/collection_online/c...
la collection d'objets antiques du British Museum. Il faut taper le nom d'une divinité dans la barre de recherches.
http://www.photo.rmn.fr/cf/htm/Search_New.aspx
la collection des musées nationaux. La recherche n'est pas très simple, mais la collection artistique qu'elle présente vaut le détour.

 

Je vous souhaite de belles recherches. Vous pouvez commencer par le rez-de-chaussée ou directement par le 1er étage suivant vos connaissances et vous n'êtes pas obligés de monter au 3e, mais ce serait bien de faire un passage dans les galeries d'images, pour le plaisir. Un dernier conseil, pour la route : privilégiez les sites que j'ai référencés ici, cela évitera de copier des travaux d'autres élèves ou de vous retrouver avec des informations erronées.

31 mars 2014

Le culte de l'empereur

Retrouve les images de ces monuments ici :

toutes les constructions demandées par Auguste :

http://www.unicaen.fr/services/cireve/rome/pdr_maquette.php?fichier=visite_historique

puis > le Haut empire > Auguste

l'Ara pacis : 

Sa localisation dans Rome :

http://www.unicaen.fr/services/cireve/rome/pdr_maquette.php?fichier=visite_autel_paix

Les photos des façades, cliquables, avec des très gros plans :

http://arachne.uni-koeln.de/arapacis/index.html

un site complet pour comprendre l'Ara paris et la volonté impérial d'Auguste :

http://www.ac-orleans-tours.fr/lang_anciennes/arapacis/monument/arapacsommairearapac.htm

 

la colonne trajane : 

sa localisation dans Rome :

http://www.unicaen.fr/services/cireve/rome/pdr_maquette.php?fichier=visite_colonne_trajan

http://www.rome-roma.net/colonne-trajane.html

Les détails de la frise sont ici :

http://www.rome-roma.net/empire-romain/roma/colonne-trajane.html

20 décembre 2013

En Février, il explosera de nouveau

Paul W.S. ANDERSON a filmé Pompei en 3D : ce péplum américano-allemand raconte quelques jours de cette terrible année 79 av.J.-C., au moment où la ville est à son apogée et où explose le volcan.

En vedette : Kit HARINGTON, le héros qui lutte pour sauver sa bien-aimée.

A voir : Scènes de combats dans l'amphithéâtre, casque de myrmillon, gladiateurs sanguinolents, amour, port et bateaux, explosion de lave et de fumée, reconstitution de la ville et même un tsunami !

Ci-dessus une version plus longue, anglophone ; ci-dessous une version plus courte avec d'autres images, notamment des corps statufiés comme on les voit au musée de Pompei, et sous-titrés en allemand. 



30 septembre 2013

The problem we all live with, Norman Rockwell

Bonjour,

Nous allons travailler aujourd'hui sur ce tableau de Rockwell. Pour vous aider à préparer votre épreuve d'Histoire des Arts, je vous donne un guide de questionnement qui vous sera utile pour analyser n'importe quelle œuvre picturale ; ensuite nous analyserons l'œuvre en classe et je vous ferai prendre en main le logiciel de retouche photos pixlr pour tracer les lignes dominantes et le sens de circulation de l'image.

 

Guide de questionnement :

Intro : je présente

a- le tableau : titre, date, technique, dimensions, lieu de stockage

b- l’auteur : biographie essentielle (dates, mouvement, œuvres marquantes)

c- le contexte de création de l’œuvre (Que se passe-t-il dans le pays, dans le monde, dans la société, dans les arts au moment où l’artiste élabore son œuvre ? Pourquoi cette œuvre a-t-elle été créée ?)

J’analyse l’œuvre :

            d- Que montre, que dit le tableau ?

            e- Formes, Lignes, Couleurs, Circulation dans l’œuvre (= quel chemin le regard suit-il ?)

            f- Comment le raconte-t-il ? Quels symboles utilise-t-il ?

J’interprète l’œuvre : Sens, significations.

Conclusion et élargissement à d’autres œuvres.

 

Voici une représentation du tableau de Rockwell :

 

histoire des arts,rockwell,ségrégation

 

Quelques éléments pour la présentation de l'œuvre :

Elle s'inscrit dans la thématique Arts, Etats et pouvoirs. Domaine Arts du visuel.

a- Cette peinture est une illustration proposée pour la couverture du magazine Look, 1964. Rockwell a peint un tableau, une huile sur toile, de 91 sur 147 cm, actuellement visible au Norman Rockwell Museum à Stockbridge dans le Massachusetts, Etats-Unis.

b- l'auteur : Norman Rockwell, né à New-York en 1894  et mort en 1978,  se définit comme un illustrateur  ; il a notamment travaillé sur des romans célèbres de Mark Twain. Ses illustrations les plus connues retracent de scènes de la vie quotidienne de la bourgeoisie américaine, avec des personnages–types. Il illustre aussi des couvertures de magazine comme le Saturday Evening Post puis Look. Il s'inscrit dans le courant de l'hyperréalisme, un mouvement artistique né dans les années 60, pendant la pleine ébullition du Pop Art aux Etats-Unis, qui vise à recréer par la peinture la précision que l'on trouve dans la réalité ou dans les photographies haute définition (qui n'existent pas encore à l'époque ! ). Tu peux voir d'autres exemples d'oeuvres hyperréalistes dans cet article du Huffington Post sur le peintre israélien Yigal Ozeri : ce ne sont pas des photos que tu vas voir mais bien des peintures ! http://www.huffingtonpost.fr/2014/02/25/yigal-ozeri-hyper...

 

Tu peux voir son  triple autoportrait et une analyse du tableau ici sur le blog.

 

c- Contexte socio-historique : Rockwell peint dans une période où naissent les lois anti-ségrégation, suite au mouvement de protestation (mouvement des Droits Civiques) déclenché par Rosa Parks puis Martin Luther King.

Il s'agit de la peinture d'un évènement social relativement récent : le 12 Novembre 1960, Ruby Bridges, la petite fille noire au centre, est la première enfant noire afro-américaine à entrer dans une école de blancs, en Louisiane (état du Sud qui faisait partie des esclavagistes à l’époque de la guerre de Sécession), comme la loi l'y autorise désormais. Mais la population s'y oppose, les parents blancs font sortir leurs enfants de l'école et la petite Ruby doit être escortée par des policiers. Or, comme les policiers de l'Etat de Louisiane refusent d'assurer sa protection, ce sont des marshals fédéraux, qui travaillent au niveau fédéral supérieur à celui de l'Etat de Louisiane qui assurent sa protection jusqu’à l’école.

 

Faisons un bref rappel chronologique :

 

En 1876 sont votées les lois Jim Crow qui légalisent la ségrégation fondée sur des préjugés raciaux (la couleur de peau d'un individu le rend  inférieur à un autre, ou supérieur). Elle crée des espaces publics différents selon la couleur de peau ; elle veut des individus "séparés mais égaux ».

 

En 1955, le mouvement des Droits civils ou Civil Rights Movement est déclenché le 1er décembre à Montgomery, en Alabama, lorsque Rosa Parks

histoire des arts,rockwell,ségrégation, rosa parks(crédit : Wikipédia) refuse de donner sa place dans le bus à un blanc. Elle est arrêtée par la police et condamnée à payer une amende, ce qu'elle refuse en faisant appel. Un jeune pasteur jusqu'alors inconnu, Martin Luther King Jr, organise une mouvement de protestation et de boycott de la compagnie de bus : les noirs marcheront pour se déplacer. 

 

Pendant plus d'un an, le mouvement progresse, aidé en cela par les discours enflammés de l'orateur charismatique qu'est King Jr, comme le célèbre I have a dream qu'il prononce en 1963 sur les marches du Lincoln Memorial à Washington. Tu peux lire des extraits traduits de son discours ici  ou écouter et lire son discours là.

histoire des arts,rockwell,ségrégation, Martin Luther King Jr

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1964 : la loi sur les droits civiques ou Civil Rights Act abolit les lois discriminatoires Jim Crow.

Quel est le but de l'œuvre ? Mettre en lumière les tensions dans le Sud américain, dues à un racisme ancré dans les mentalités.

 

A présent que nous en savons un peu plus sur le contexte de création, penchons-nous vraiment sur le tableau.

d- Que voit-on sur ce tableau ?

Rockwell a peint une petite fille noire qui se dirige vers la gauche, encadrée par les corps massifs de 4 hommes, coupés aux épaules. On les reconnaît comme des marsalas au bandeau jaune qu'ils portent sur le bras. De la poche du costume du marshal au premier plan à gauche sort un morceau de papier : référence à la loi qui autorise pour la première fois la petite noire à aller dans une école de blancs. Elle est vêtue d'une robe blanche et tient à la main gauche  des affaires d'école : cahier, règle. Sur le mur du fond, on aperçoit une inscriptions : NIGGER ("nègre") et KKK ( "Ku Klux Klan") et des taches de projections de tomate, retombée au sol à droite du tableau. Elle regarde calmement dans la direction où elle marche, sans s'occuper des attaques qui viennent de la position où est placé le spectateur : c'est lui le raciste.

e - Analyse des couleurs : 

histoire des arts, rockwell

blanc, symbole de pureté, d'innocence, de paix

marron : la couleur de la peau de la fillette, qui crée un violent contraste avec sa robe

jaune : lumière, loi et autorité, objets scolaires qui montrent sa réussite ; elle a dû passer un test d'entrée difficile.

rouge : sang, mort

gris : anonymat, neutralité sans visage des marsalas mais aussi inscription racistes sur le mur : KKK (Ku Klux Klan) et Nigger (Nègre)

des lignes et du sens de lecture :

 

histoire des arts, rockwell, ségrégation

L'œil du spectateur part de Ruby pour y revenir.

Les lignes massives des corps protègent la fillette comme des colonnes et bloquent aussi son espace.

Dans sa marche vers l'école, elle vient symboliquement de passer une ligne.

Sens de lecture vers la gauche : une marche vers l'ouest américain ?

Cette image narre une histoire moderne, contemporaine de la création, liée au racisme. Rockwell en propose une vision optimiste. L'élection de Barrack Obama confirme cet american dream.

Prolongements : 

13109821936618.jpg

Barack Obama et Ruby Bridges adultes devant le tableau la représentant, 2011.

Crédit photo

http://village.grioo.com/images/users/403/1017/13109821936618.jpg

A toi de chercher d'autres œuvres qui évoquent la ségrégation ou le refus de la ségrégation.

 Pour tracer tes propres lignes sur une image et préparer ton powerpoint pour l'oral, voici un tutoriel qui t'aidera à prendre en main le logiciel pixlr.com.

Prendre en main un logiciel de retouche photo pour identifier les caractéristiques d’une image .doc

 

J'espère que le cours t'a été utile et fructueux. Qu'en penses-tu ? As-tu d'autres idées à proposer ?  Laisse un commentaire pour me le dire.