Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

27 janvier 2013

Apprendre une leçon

Bonjour à tous,

Un bon dessin valant mieux qu'un long discours, je commencerai naturellement par une carte heuristique, que je viens de créer avec le site en ligne framapmind.org. Aucune installation de logiciel ou de connexion à un compte n'est nécessaire et la carte s'exporte en image en.jpg, que vous pouvez ensuite agrandir, imprimer et coller dans votre cahier.

apprendreTrois grands mots-clés : comprendre (pas utile si vous devez apprendre par coeur), répéter et vérifier.

En répétant, j'apprends, en vérifiant, je me rends compte que je sais  (ou pas) et ce n'est pas du tout pareil.

Voici deux techniques qui ont fait leur preuve : la boule de neige (pour tout ce qui doit être appris par coeur) et les loci, pour tout ce qui est long (exposé, théâtre).

La boule de neige, comme son nom l'indique, est un travail de répétition qui part de peu et va vers beaucoup.

Imaginons que je doive apprendre une chanson ou la déclinaison de consul, consulis, m. Je la lis une première fois, pour voir où je vais, puis je commence : 

 Je lis le nominatif consul, je le vois mentalement et je répète à voix haute : "consul".

 Je lis le nominatif et le vocatif : consul, consul, je le vois mentalement et je répète à voix haute : "consul, consul".

 Je lis le nominatif, le vocatif et l'accusatif : consul, consul, consulem, je le vois mentalement et je répète à voix haute : "consul, consul, consulem".

 Je lis le nominatif, le vocatif , l'accusatif et le datif, je le vois mentalement et... bref vous avez compris : à chaque fois j'ajoute + 1.

 Quand j'ai tout prononcé, je répète la ou les séries plusieurs fois.

Puis je passe à l'étape Vérification, qui pour la déclinaison (ou la conjugaison, c'est pareil) se fait de la même façon :  je me pose une question, à l'oral ou à l'écrit, et j'y réponds, à l'oral ou à l'écrit. Le vérificateur (moi ou la personne qui me fait travailler me donne immédiatement une validation (c'est bien / non, la réponse c'est ça)- donc on n'attend pas 10 questions pour corriger ; la vérification n'est pas un examen, c'est une réassurance.

Pour vérifier , je procède dans on exemple en 2 temps : je me donne une forme latine (consuli) ou je me donne une analyse (accusatif singulier) et je dois trouver immédiatement la solution correspondante (s'il y a plus de quatre secondes d'attente, ce n'est pas su et je reviens à l'étape répétition de la boule neige).

La deuxième technique est celle des Loci, inventée, dit la tradition, par Cicéron pour retenir ses très longs discours (il ne lisait pas ses notes à haute voix devant les juges.)

Loci signifie lieux en latin ; c'est une technique qui combine la répétition et la visualisation. Cicéron un lieu qu'il connait bien : sa maison ; elle possède un sens de circulation : on entre par l'entrée, laquelle donne accès à l'atrium, qui débouche sur le tablinum ou des cubicula, puis à l'arrière sur l'hortus avec un péristyle ; bref : à chaque lieu il attribue unparagraphe ou unepartie, à chaue objet une phrase, un mot ou une idée. Il apprend son texte en faisant le parcours de sa maison. Arrivé devant les juges, CIcéron n'a plus qu'à invoquer mentalemetn le plan de sa maison et le parcourir dans sa tête pour voir apparaître les mots, phrases idées ou gestes qu'il a associés à chque lieu.


Envie d'approfondir la question ?

Les techniques d'apprentissage sont liées à qui je suis ; c'est donc valorisant et efficace de bien se connaître pour bien apprendre. Est-ce que j'apprends mieux en marchant ? assis ? couché ? le matin ? le soir ? en écrivant ? en parlant ? en regardant ? avec des couleurs ? De quels détails est-ce que je me souviens le mieux, en général ? les voix ? les formes ? les places ? 

La première chose nécessaire pour apprendre ma leçon, c'est d'en avoir envie et d'y trouver de l'intérêt. Ca s'appelle la motivation : c'est une énergie qui vient de l'intérieur de moi-même, c'est lié à la façon dont je vois ma vie, mon travail, l'intérêt de ce que j'apprends pour moi. Quand j'ai conscience que je travaille pour moi, quand je prends plaisir à apprendre quelque chose, quand mes yeux brillent, je suis motivé. Sinon, je suis sous la pression extérieure (menaces, peur, cadeaux, récompenses etc.), une forme très différente de motivation,  qui ne fonctionnera qu'un temps : je travaille pour autrui,  pour obtenir de bonnes notes ou éviter les mauvaises, ne pas me sentir coupable, faire plaisir à autrui ; donc j'arrêterai assez vite dès qu'autrui m'ennuiera ou que la récompense (ou la punition) ne vaudra plus assez à mes yeux. C'est ainsi que j'apprendrai plus facilement ce qui me plaît, si j'y vois un intérêt, même si ça n'a rien à voir avec les cours et l'école (des chansons en langue étrangère exotique, une chorégraphie, le fonctionnement d'un moteur 6 cylindres en V etc.)

Mais il existe aussi des gens pas spécialement motivés qui apprennent vite, parce qu'ils ont beaucoup de connaissances et que ces nouvelles choses apprises se greffent vite et bien sur leurs connaissances antérieures.

La deuxième chose, c'est de savoir se relaxer, se détendre pour être en bonnes conditions d'apprendre, et de faire des pauses. 20 minutes de travail efficace, 3 minutes de pause (le temps d'une chanson).

Partons quand même du principe que je suis motivé.

Une leçon apprise doit être sue, et pour longtemps, sinon il faudra recommencer, donc  attention aux informations parasites ; mieux vaut solliciter ma mémoire à long terme (celle qui me permet de me rappeler comment on fait du vélo, les poèmes appris en CE2, les visages des gens que j'ai connus enfant, des dates, des évènements anciens, des concepts, des savoir-faire, des façons de faire). Le meilleur moyen, c'est de savoir si ma mémoire fonctionne mieux en regardant, en écoutant, en bougeant. Pour le savoir, quelques tests faciles existent, à commencer par le quiz des intelligences multiples, mais aussi d'autres trouvables dans la liste Apprendre à apprendre ci-contre, notamment la BD pour apprendre.

Mais peut-être as-tu d'autres techniques, d'autres idées très efficaces, quels que soient ton âge et ton expérience scolaire, que tu accepterais de partager dans les commentaires ?


12 septembre 2010

Connais-toi toi-même

Je reprends en ce beau dimanche la phrase grecque inscrite au fronton du temple d'Apollon à Delphes, et qui a servi de devise au grand Socrate lui-même. Γνῶθι σεαυτὀν  ou Gnôthi seauton si vous ne lisez pas encore le grec ;-) Voilà une connaissance nécessaire pour vous permettre d'apprendre quelque chose, de vous sentir heureux, en bonne compagnie avec vous-mêmes et avec les autres et plus encore si vous voulez améliorer ce qui ne va pas, que ce soit dans vos relations avec les gens ou avec…les math, ou l'orthographe. Pour développer un peu plus cette connaissance, je vous ai proposé le jeu du j'aime/ j'aime pas ; à présent je vous offre un petit quizz de mon invention pour connaître vos multiples intelligences. Téléchargez le fichier ci-dessous, branchez l'imprimante, prenez vos crayons de couleur et accordez-vous une petite pause tranquille loin du bruit.

quiz-intelligencesmultiples.pdf

Vous avez besoin d'explications supplémentaires sur ces 8 intelligences ? Lisez ces 4 pages de synthèse  :

imquid.pdf

Et pour finir, je donne la parole à un grand monsieur très savant qui parle parfois sur les ondes d'une radio culturelle et nationale, Albert Jacquard ; avez-déjà lu ce texte ? Pas encore ? Dites-moi ce que vous en pensez, alors.

L'intelligence, ça se construit
 . A. Jacquard : C'est quoi l'intelligence ? Petit Point.

À l'école, je n 'aime pas être interrogée devant mes camarades et je déteste les travaux écrits. Même si j'ai bien appris mes leçons, mon cœur se met à battre très vite et j'ai de la peine à me concentrer. Ma copine répond toujours très bien aux questions de notre professeur ; pourtant elle n'étudie pas plus que moi. Elle est probablement plus intelligente!

Dans ta classe, certains sont forts en maths, d'autres savent raconter des histoires drôles ou sont les rois de la gymnastique, d'autres enfin s'inventent, tout éveillés, des rêves magnifiques. II y a beaucoup de manières d'être intelligent, sûrement autant qu'il y a d'êtres humains sur la Terre. Heureusement, car sinon on n'aurait rien à se dire, puisqu'on aurait le même avis sur tous les problèmes. Alors, que ce soit à l'école ou ailleurs, je crois qu'il vaut mieux simplement essayer d'être chaque jour un peu plus intelligent. Car l'important n'est pas d'être meilleur que son camarade. D'ailleurs tu n'apprécies pas davantage une copine parce qu'elle a de bonnes notes en classe. C'est plutôt parce qu'elle est sympa et que vous vous comprenez bien.

Mais l'intelligence, c'est quoi?

C'est comme si, à la naissance, tu avais reçu une grande feuille à dessin et des peintures de toutes les couleurs. Depuis lors, à chaque occasion, tu prends ton pinceau pour y dessiner des formes. C'est ainsi que, peu à peu, tu as fait apparaître, sur ce papier, un paysage et une maison. Puis tu as décidé d'y ajouter des couleurs. Chaque jour, ton dessin devient plus riche et plus beau. Comme ton intelligence. Chaque fois que tu fais travailler ton cerveau, que tu te poses des questions et que tu observes ce qui t'entoure, tu deviens plus intelligente. En utilisant ton cerveau, tu le rends capable de nouvelles performances. C'est le contraire d'une pile, qui, elle, s'use peu à peu, à mesure qu'on l'utilise. Le cerveau, au contraire, s'use lorsque l'on ne s'en sert pas. C'est merveilleux, non?
 Et cela sera sans fin. Car chaque fois que tu obtiens une réponse, que tu comprends un raisonnement nouveau, tu constates que de nouvelles questions se posent, que des raisonnements encore plus subtils doivent être mis au point. Oui, ce sera sans fin. Heureusement. Car la vie serait triste si l'univers n'avait plus de secrets. Par chance, il est si riche que nous n'en aurons jamais fini de l'explorer.

On devient donc intelligent grâce aux autres ?

Oui. Et même lorsqu'on est une grande personne, les autres nous sont indispensables. Ça peut paraître surprenant puisqu'un adulte est capable de se faire à manger, de conduire une voiture, de s'occuper de son appartement, et de bien d'autres choses encore, sans aucune aide. Mais tout cela ne suffit pas pour vivre heureux. Que fera donc une personne sur une île déserte lorsqu'elle est gaie, qu'elle a du chagrin, ou qu'elle a découvert quelque chose? Elle aura envie de le dire, de le raconter, de poser des questions. Elle aura besoin aussi de se sentir aimée et de pouvoir aimer. Et tout cela, seuls les autres peuvent le lui apporter, et lui permettre ainsi de devenir plus ouverte, plus intelligente.
Échanger des questions, des réponses, des idées est un jeu où tout le monde est gagnant. Lorsque deux hommes se rencontrent chacun avec une idée, ils se sépareront avec, chacun, deux idées, peut-être trois. Car la discussion en aura sûrement fait naître une nouvelle.
Les idées, les émotions, les interrogations, c'est le contraire de l'argent : les partager, c'est s'enrichir.

 

Alors, qu'est-ce que cela vous fait évoque ?