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04 décembre 2014

La Bataille d'Hernani

Bonjour,

 Pour compléter notre cours de ce matin sur Théophile GAUTIER et le Romantisme, voici des informations supplémentaires ; elles sont destinées à approfondir vos connaissances. Je les ai synthétisées sous la forme d'une carte heuristique qui reprend ce que nous avons dit en classe et explique ou complète certains points d'histoire littéraire. Vous en trouverez deux : l'une dans le sens de lecture horaire (on part d'en haut à droite et on continue dans le sens dans aiguilles d'une montre), l'autre dans le sens vertical droit. Choisissez le sens de lecture qui vous convient le mieux. Comme toujours, un clic sur l'image la fait apparaître en grand dans un nouvel onglet.

La Bataille d'Hernani .png

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Pour situer un peu mieux le contexte historique et culturel de cette année 1830, voici un petit jeu visuel : quelques portraits des grandes figures littéraires et artistiques de 1830. Saurez-vous les reconnaître ?

 Hector BERLIOZ, musicien romantique qui compose en 1830 La Symphonie fantastique 

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 Stendhal qui publie la même année son grand roman Le Rouge et le Noir, est un écrivain précurseur du mouvement réaliste.

Honoré de BALZAC , auteur de La Comédie humaine, d'Eugénie Grandet, Le Père Goriot, Le Lys dans la vallée,  un des piliers du Réalisme en France.

 Victor Hugo, représenté seul, jeune et vieux, mais aussi en groupe, caracolant sur son Pégase  à la tête des Romantiques dans une célèbre caricature de Benjamin Roubaud :

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19 avril 2010

Romantisme : Musset, Confession d'un enfant du siècle

 
" Pour écrire l’histoire de sa vie, il faut d’abord avoir vécu ; aussi n’est-ce pas la mienne que j’écris.
Ayant été atteint, jeune encore, d’une maladie morale abominable, je raconte ce qui m’est arrivé pendant trois ans. Si j’étais seul malade, je n’en dirais rien ; mais, comme il y en a beaucoup d’autres que moi qui souffrent du même mal, j’écris pour ceux-là, sans trop savoir s’ils y feront attention ; car, dans le cas où personne n’y prendrait garde, j’aurai encore retiré ce fruit de mes paroles, de m’être mieux guéri moi-même, et, comme le renard pris au piège, j’aurai rongé mon pied captif. (…)
 
 
Trois éléments partageaient donc la vie qui s’offrait alors aux jeunes gens : derrière eux un passé à jamais détruit, s’agitant encore sur ses ruines, avec tous les fossiles des siècles de l’absolutisme ; devant eux l’aurore d’un immense horizon, les premières clartés de l’avenir ; et entre ces deux mondes … quelque chose de semblable à l’Océan qui sépare le vieux continent de la jeune Amérique, je ne sais quoi de vague et de flottant, une mer houleuse et pleine de naufrages, traversée de temps en temps par quelque blanche voile lointaine ou par quelque navire soufflant une lourde vapeur ; le siècle présent, en un mot, qui sépare le passé de l’avenir, qui n’est ni l’un ni l’autre et qui ressemble à tous deux à la fois, et où l’on ne sait, à chaque pas qu’on fait, si l’on marche sur une semence ou sur un débris….
 
Voilà dans quel chaos il fallut choisir alors ; voilà ce qui se présentait à des enfants pleins de force et d’audace, Fils de l’Empire et petit-fils de la Révolution.
 
 
Un sentiment de malaise inexprimable commença alors à fermenter dans tous les cœurs jeunes. Condamnés au repos par les souverains du monde, livrés aux cuistres de toute espèce, à l'oisiveté et à l'ennui, les jeunes gens voyaient se retirer d'eux les vagues écumantes contre lesquelles ils avaient préparé leurs bras. Tous ces gladiateurs frottés d'huile se sentaient au fond de l'âme une misère insupportable. Les plus riches se firent libertins ; ceux d'une fortune médiocre prirent un état et se résignèrent soit à la robe, soit à l'épée ; les plus pauvres se jetèrent dans l'enthousiasme à froid, dans les grands mots, dans l'affreuse mer de l'action sans but. Comme la faiblesse humaine cherche l'association et que les hommes sont troupeaux de nature, la politique s'en mêla. (...) Mais des membres des deux partis opposés, il n'en était pas un qui, en entrant chez lui, ne sentît amèrement le vide de son existence et la pauvreté de ses mains."

La Confession d’un enfant du siècle, (1836) (I, ch.1 et 2)
 
 
Pour bien comprendre le Romantisme, il faut garder à l'esprit qu'il est né de la conjonction entre une situation historique et politique particulière (après la Révolution et l'Empire, pendant la Restauration - petit rappel historique si vous avez oublié vos cours de 4e ici http://chalk.richmond.edu/mlccontextes/19_siecle/index.htm) et une sensibilité exacerbée, qui se sent  différente, marginale et isolée, parfois supérieure, pleine de désirs et constatant " le vide de son existence".
Voici le tableau de Caspar David Friedrich dont je vous ai parlé ce matin :
 
Le Voyageur contemplant une mer de nuages, 1817-1818, Kunsthalle de Hambourg, Hambourg.
Caspar_David_Friedrich_032.jpg
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 Pour autant, ce ne sont pas des gens dépressifs ! Cette sensibilité les fait souvent s'engager au service des autres, notamment en politique : Lamartine et Hugo par exemple sont élus députés. Hugo deviendra l'un des plus fervents critiques du gouvernement du Second Empire, fustigeant "Napoléon le petit"… et contraint à l'exil de ce fait !